Pages vues


FreeCompteur Live

Recherche

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Syndication

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
Samedi 26 août 2006

Film français de Nicole Garcia

Interprètes : Ferdinand Martin (Charlie), Jean-Pierre Bacri (Jean-Louis Bertagnat), Benoît Poelvoorde (Joss), Benoît Magimel (Pierre), Vincent Lindon (Serge)

Durée : 1 h 59

Note : 5/10

En deux mots : Les destins de six hommes et d'un garçon s'entrecroisent. Une virtuosité certaine qui se subsitue hélas à la sincérité.

La réalisatrice : Né en 1946 à Oran, Nicole Garcia arrive en métropole après ses études secondaires. Elle commence une carrière d'actrice, et tourne avec Tavernier, Sautet, Deville, Rivette, Resnais ou Lelouch. En 1986, elle passe de l'autre côté de la caméra avec un court-métrage, "15 août". Puis en 1990 elle aborde la question des enfants de parents séparés avec "Un week-end sur deux", avec Nathalie Baye. En 1995, elle tourne un film très "sautetien", "Le Fils préféré", puis quatre ans plus tard "Place Vendôme" avec Catherine Deneuve. En 2002 elle adapte le livre d'Emmanuel Carrère "L'Adversaire" joué par Daniel Auteuil.

L'histoire : Dans une ville balnéaire de la côte normande hors saison, six hommes et un enfant se croisent. Le Maire tente de cacher sa liaison avec une jeune femme. Mathieu, célèbre archéologue, vient donner une conférence sur sa dernière expédition. Son ancien camarade, Pierre, enseigne la SVT dans un collège. Joss, en liberté conditionnelle, fait les repérages pour un casse. Adrien, joueur de tennis qui vient d'essuyer une cruelle défaite, suit un stage de remise en forme. Serge cherche à dissimuler à sa femme la liaison qu'il entretient avec l'épouse de Pierre ; quant à son fils, Charlie, il traîne une tristesse entre son collège et la plage où il aime jouer au boomerang.

La critique : Plus qu'un film choral, "Selon Charlie" est un film puzzle. Il y a bien une unité de lieu (une station balnéaire sous la pluie), une unité de temps (quelques jours), mais surtout une mosaïque d'actions, présentes ou passés, dont nous ne découvrons que des bribes. On devine assez vite que chacun de ces personnages va rencontrer les autres, quand ils ne partagent pas déjà un passé, et souvent un passif.

C'est assez virtuose, peut-être un peu trop : à vouloir construire une intrigue qui justifie la collision entre ces nombreux personnages, tout en cultivant à ce point l'ellipse, on a parfois l'impression d'être des entomologistes en train d'observer des coléoptères dans un enclos. Les personnages s'agitent, mais ils n'ont pas le temps d'exister, et les crises -nombreuses- sonnent faux, comme des exercices de première année du conservatoire...

Même sentiment d'incompréhension en ce qui concerne Charlie, sorte de Tazio impénétrable : qu'est-ce qui le motive à se comporter ainsi ? "Selon" Charlie suppose un point de vue ; or, nous devinons son mal-être, nous le voyons agir, mais rien de nous permet de le comprendre.

Seul à échapper à cette évaporation des personnages : Jean-Pierre Bacri, en maire un peu beauf harcelé par son directeur de cabinet qui lui reproche ce qui en fait quelqu'un d'attachant, à savoir sa proximité des gens ; et le voir, juste après s'être fait sommer de rompre avec sa maîtresse, se faire happer et prendre la tête d'une chenille de petits vieux dans un banquet électoraliste est assez jubilatoire.

Mais cette performance ne suffit pas à sauver ce film d'un certain ennui, et la réalisation léchée ne réussit pas à dissimuler un aspect tout compte fait assez vieillot, celui des drames psychologiques à la française.

Cluny

par Cluny publié dans : critiques de juillet-août 2006
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Mercredi 23 août 2006

Film anglais de Ken Loach

Titre original : The Wind that Shakes the Barley

Interprètes : Cillian Murphy (Damien), Padraic Delanay (Teddy), Liam Cunningham (Dan), Orla Fitzgerald (Sinead)

Durée : 2 h 04

 

Note : 8,5/10

En deux mots : Palme d'Or à Cannes, le dernier Ken Loach raconte la guerre d'indépendance irlandaise puis la guerre civile de 1921. Puissant, poignant, actuel.

Le réalisateur : Né en 1936 en Angleterre d'un père ingénieur, Ken Loach fait de brillantes études à Oxford. D'abord comédien, puis metteur en scène au théâtre, il rentre comme réalisateur à la BBC en 1963. En 1967, il tourne son premier long métrage, "Pas de larme pour Joy". Son second film, "Kes" (1970), l'histoire d'un enfant rejeté qui  apprivoise un faucon, est présenté à cannes. En 1972, "Family Life", film terrible sur une adolescente acculée à la folie par sa famille, rencontre un grand succès critique. Après un long retour à la télévision, il revient au cinéma pour dénoncer les ravages de l'Angleterre thatcherienne sur la classe ouvrière : "Riff Raff"(1991), "Raining Stones" (1993), "Ladybird" (1993),  "My Name is Joe" (1998), "The Navigators" (2001). Il traite aussi d'autres sujets politiques : le conflit irlandais ("The Hidden Agenda", 1991), la guerre d'Espagne ("Land and Freedom"), le Nicaragua sandiniste ("Carla's Song", 1995), l'exploitation des travailleurs latinos à Los Angeles ("Bread and Roses").

L'histoire : En 1920 en Irlande, Damien s'apprête à partir à Londres exercer sa nouvelle fonction de médecin, lorsqu'il assiste à l'assassinat d'un de ses proches par les Britanniques, embroché à la baïonnette pour avoir refusé de dire son nom en anglais. Il décide alors de rejoindre la résistance de l'IRA, commandée dans son village par son frère Teddy.

Dénoncés par un gentleman-farmer, Teddy et ses compagnons sont arrêtés et torturés. Libérés par un soldat d'origine irlandaise, ils prennent en otage le riche fermier et un de ses commis qui a donné des renseignements aux Anglais. Apprenant l'exécution de leurs trois camarades restés en prison, Damien abat les deux otages.

Quand la direction des indépendantistes accepte un traité avec le Royaume-Uni qui maintient la nouvelle Irlande dans le Commonwealth et lui enlève l'Ulster, les militants du Sinn Fein se divisent : Teddy endosse l'uniforme de la nouvelle armée irlandaise, alors que Damien continue la lutte pour l'indépendance totale de son île, et plus de justice sociale.

Cette division débouche sur des affrontements armés à Dublin : les deux frères se retrouvent face à face dans cette guerre civile.

La critique : Quand j'ai appris que "Le vent se lève" avait reçu la palme d'or, je m'en suis réjoui comme tant de cinéphiles qui ont reçu un jour un des films de Ken Loach comme un coup de poing ; pour moi, ça a été "Family Life", et plus de vingt ans après, "Land and Freedom".

Mais je me suis aussi demandé si cette palme n'était pas une sorte de César d'honneur attribué à un des derniers grands réalisateurs européens pour l'ensemble de son oeuvre, et si la qualité du film n'avait pas été reléguée au second plan par le jury de Wong Kar Waï. Très vite, j'ai eu ma réponse : "Le vent se lève" est un condensé de l'oeuvre du grand Ken.

Dès le début, on retrouve cette proximité des personnages, la mobilité de la caméra qui va d'un détail significatif à un autre : des hommes jouent au hurling, cette sorte de hockey typiquement irlandais, et ne se ménagent pas. L'arbitre doit intervenir plusieurs fois, mais tous partent bras dessus bras dessous dès le coup de sifflet final, dans les verts paysages de leur île. Cette description de la solidarité des gens simples est brutalement interrompue par l'irruption des Black-and-Tan, ces miliciens anglais qui aboient leur peur et leur haine, lointains ancêtres des GI's d'Abou Ghraib. Troisième scène, et troisième savoir-faire de Ken Loach, l'émotion: dans un clair obscur, des hommes chuchotent autour du corps de l'adolescent assassiné par les Anglais, alors que s'élève la complainte gaëlique chantée par une vieille femme...

La guerre d'indépendance de 1920 et la guerre civile qui l'avait suivie ont déjà été racontées au cinéma par Neil Jordan, dans "Michaël Collins". Le réalisateur irlandais avait choisi de suivre les chefs de la rebellion : Michaël Collins, James Conolly et Eamon de Valera. Fidèle à sa ligne de conduite, Ken Loach s'attache à des soldats de base de l'armée clandestine : Dan, le cheminot qui refuse de conduire un train pour les soldats anglais, Rory, l'instructeur qui justifie l'emploi de la barbarie pour lutter contre la barbarie, Sinead, agent de liaison et assesseur du tribunal civil mis en place par le Sinn Fein.

Il entremêle avec brio destin individuel et destinée collective, et sait mieux que personne rendre vivants les multiples débats qui traversent les rangs de l'IRA. Dans "Land and Freedom", il avait filmé de façon formidable la discussion sur la collectivisation des terres ; ici, il introduit la dimension sociale du combat par le biais d'une séance du tribunal (présidée par des femmes) qui condamne un commerçant usurier, aussitôt aministié par Teddy qui voit surtout en lui un financier du mouvement.

Comme les brigadistes du POUM trahis et violemment réprimés par les staliniens, les plus purs des combattants ne plient pas devant l'ennemi, franquiste ou anglais, mais devant leurs anciens frères de combat. Et s'ils subissent un sort tragique, ils gardent leur honneur, et Damien condamné à mort par son frère demande dans sa dernière lettre à sa compagne de prendre pitié de lui. Car s'il a très clairement, et depuis longtemps, choisi son camp, Ken Loach ne juge pas ses personnages, et il reconnait même à ceux qui ont choisi le mauvais côté une part de doute, et donc d'humanité.

Le titre original est The Wind that Shakes the Barley,"le vent qui secoue l'orge", un extrait d'un poème de John Dwyer Joyce, qui dit aussi : "Il fut pénible par les mots de deuil, de dire et de briser les liens qui nous unissent, Mais plus pénible encore de porter la honte des fers étrangers qui nous enchaînent". Profondément irlandais, ne serait-ce que par le vert qui se décline dans sa superbe photographie, "Le Vent se lève" est aussi universel, et ses images renvoient à celles des tortures de toutes les armées d'occupation, de Montluc à la Villa des Roses à Alger, jusqu'à celle de l'Irak d'aujourd'hui, occupée aussi par des soldats britanniques.

Cluny

par Cluny publié dans : critiques de juillet-août 2006
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 21 août 2006

Film français de Claire Simon

Interprètes : Camille Varenne (Livia), Gilbert Melki (Jean Susini), Kader Mohamed (Moisi)

Durée : 1 h 51

Note : 4/10

En deux mots : Une ado rebelle tombe amoureuse d'un pompier et va jusqu'au bout pour se l'approprier. Décousu.

Le réalisateur : Né en 1955 au Maroc, suit des études d'éthnologie, d'arabe et de bérbère. Elle devient d'abord monteuse, avant de tourner des documentaires : "Scènes de ménage" (1991), "Récréations" (1992) et "Coûte que coûte" (1995). En 1997, elle tourne sa première oeuvre "Sinon oui", inspirée d'un fait réeel, celui d'une femme qui s'invente une grossesse.

L'histoire : Au début de l'été en Provence, Livia, 15 ans, vit avec sa femme et la maîtresse de celle-ci. Un jour, elle fait une chute de cheval lors d'une ballade, et elle est secouru par Jean, un pompier volontaire marié et père de famille. Traînant son ennui à cheval, en scooter ou à pied, elle tourne autour de Jean, qui ne la repousse pas franchement.

La critique :  On l’a compris, ce qui brûle, c’est davantage le cœur de Livia que la forêt provençale qui se consumera pourtant. Donc, nous voilà avec un nouveau film sur le malaise adolescent, avec la découverte de l’amour, passant aussi bien par le romantisme jusqu’au-boutiste de sa passion pour Jean, que par les questions crues qu’elle pose à sa copine qui a couché ou encore la séance d’entraînement au french kiss avec Amanda et Moisi. De l’adolescence, on retrouve aussi l’instabilité des émotions, incarnées par Livia qui passe de l’impassibilité à la provocation en un rien de temps, ainsi que la recherche du danger qui conduit à monter à trois sur un scooter ou à jouer littéralement avec le feu…

Claire Simon, documentariste d’origine, a décidé de filmer cette trajectoire incandescente d’une façon se voulant la plus réaliste possible, avec une caméra au plus prêt de ses personnages (c’est Claire Simon qui est au cadre), isolant un détail pour faire oublier l’ensemble, et avec un montage qui ne respecte pas les règles de raccord les plus élémentaires, maniant l’ellipse autant que la redondance. Mais paradoxalement, ce souci de «faire vrai» sonne faux, et sent très fort le procédé ; même une chaîne câblée refuserait un documentaire aussi parkinsonien.

Autre choix de réalisme qui ne fonctionne pas, celui d’acteurs non professionnels (à l’exception de Gilbert Melki, qui semble un peu perdu dans cette histoire qui tourne par moments à un nouvel épisode d’Harlequin…). Pas ou mal dirigés, adolescents et adultes traînent leurs personnages sans grande conviction, avec une articulation approximative rendu encore plus inaudible par une prise de son godardienne.

Se voulant formellement audacieux, «Ca brûle» raconte une histoire finalement bien convenue, pleine de clichés et somme toute ennuyeuse. Reste la façon de filmer l’incendie, où le désordre de la réalisation rentre en résonance avec le chaos subi par les habitants et les soldats du feu, et où le sentiment de désorientation du spectateur prend enfin un sens.

Cluny

par Cluny publié dans : critiques de juillet-août 2006
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 16 août 2006

Film français de Michel Gondry

Interprètes : Gael Garcia Bernal (Stéphane), Charlotte Gainsbourg (Stéphanie), Alain Chabat (Guy), Emma De Caunes (Zoé)

 

Durée : 1 h 46

Note : 8/10

En deux mots : L'histoire d'un jeune homme créatif, en permanence entre une réalité onirique et des rêves qu'il cherche à diriger. Poétique, drôle, atypique : une réussite.

Le réalisateur : Né à Versailles en 1963, Michel Gondry fonde durant ses études à l?Ecole d?Arts Appliqués le groupe rock Oui-oui, pour lequel il tourne des clips. Il est remarqué par Björk, qui lui demande de réaliser plusieurs clips (dont «Bachelorette», «Army of me», suivi par les Rolling Stones («Like a Rolling Stone») et IAM («Le Mia»).

Après deux courts-métrages, Michel Gondry tourne son premier long-métrage en 2001, «Human Nature», une fable philosophique avec Patricia Arquette et Tim Robbins. En 2004, «Eternal Sunshine of the Spotless Mind» avec Jim Carrey et Kate Winslet obtient l'oscar du meilleur scénario.

L'histoire : Enfant, Stéphane est parti au Mexique avec son père. A la mort de ce dernier, il revient à Paris vivre dans l'appartement de son enfance que lui a laissé sa mère. Elle lui a aussi trouvé un boulot : non pas le métier créatif qu'elle lui avait promis, mais un job de maquettiste de calendrier publicitaire, entre un patron lunatique, et un collègue qui se permet d'être odieux avec tout le monde car il est le seul à savoir se servir de la photocomposeuse.

Et puis il y a Stéphanie, sa voisine qui vient d'emménager. Il a d'abord remarqué sa copine Zoe, mais quand il découvre que Stéphanie partage avec lui le goût de la création d'objets poétiques et improbables, il se sent attiré par elle.

Depuis l'enfance, Stéphane connait des "périodes d'inversion", où il glisse de la réalité aux rêves, et vice-versa, ce qui fait que quand il glisse un mot sous la porte de sa voisine, il se croît en plein rêve, alors quelle reçoit réellement le billet.

 

La critique : Quand une bande-annonce est excellente, ce qui est le cas pour "La Sciences des Rêves", il est rare que le film tienne ses promesses. Fort heureusement, Michel Gondry a fait mentir cette loi : la poésie, l'humour, les dialogues percutants qu'on décelait dans la B.-A. sont bien là, et résistent à l'étirement d'un long métrage.
Dès le début, on voit Stéphane dans le studio de sa "Stéphane Télé", étape intermédiaire entre le rêve et la réalité, sorte de réduit couvert de boites d'oeufs avec des caméras en carton, et un pan de fond bleu qui permet son incrustation dans le décor de son choix. Il nous explique quels sont les ingrédients nécessaires au rêve : le vécu de la journée, des souvenirs, des bribes de chanson, des évocations de l'enfance, des personnes proches...
On se dit que l'on va naviguer entre le monde des rêves et celui de la réalité, et que des codes visuels nous permettront de savoir où nous nous trouvons, avec le studio comme lieu de passage. Mais assez vite, on se rend compte que ça ne sera pas si simple.

Déjà, la vie réelle est presque toujours filmée au grand angle, avec des lignes de fuites qui s'incurvent, légère atténuation de la vision qu'ont Zoe et Stéphanie quand elles observent leur étrange voisin de palier par le judas.

Ensuite, Stéphane invente des machines dignes du Supercolor Tryphonar du Pr Tournesol : une pour faire des voyages dans le temps d’une seconde, une autre pour décrypter durant le sommeil les R.E.M., mouvements oculaires rapides. Quand elles sont en marche, nous savons encore moins où nous sommes.

Enfin, par moments, en pleine réalité, un personnage va se mettre à parler à l’envers, traduit par des sous-titres eux-mêmes à l’envers, à tel point que Stéphane a besoin de pincer Guy pour se convaincre qu’ils sont dans le monde réel ; et quand il se réveille d’un rêve où il s’enfonçait dans la neige, Stéphane découvre que son lit a rétréci et que ses pieds sont dans le freezer ! Tant et si bien qu’à l’instar du héros, le spectateur se sent devenir progressivement schizométrique

Les séquences oniriques sont filmées «à l’ancienne», avec des effets Méliès et des animations image par image plus proches des films tchèques de Jiri Trnka ou soviétiques de Garri Bardine que des effets numériques de «Matrix» (pourtant inspirés de la technique de centaines d’appareils photos synchronisés inventée par Gondry dans une pub pour Smirnoff). Loin d’envahir artificiellement le film et de le «clipiser», ils s’inscrivent toujours dans l’histoire et n’en constitue qu’une petite partie, l’essentiel du film reposant sur le jeu des acteurs.

Et justement, les acteurs sont tous formidables : Gael Garcia Bernal, attendrissant et magnétique, Charlotte Gainsbourg, aérienne et fragile, Alain Chabat, adorablement insupportable quand il pouffe comme un gosse attardé dans le dos de Stéphane alors que celui-ci montre à leur patron son calendrier de désastrologie.

Car on est bien dans le monde de l’enfance, du refus de grandir : Stéphane et Stéphanie construisent des maquettes et des maisons de poupées devant la caméra comme Michel Gondry le fait derrière ; et jusqu’à la cruauté de Stéphane dans la scène finale qui n’est rien d’autre que celle des enfants malheureux.

Alain Chabat a expliqué, en parlant de l’intrigue : «C’est très fluide quand Michel Gondry te le raconte, un peu compliqué à lire, parfois complètement perdu quand tu tournes, et le résultat, je le trouve simplissime.» C’est vrai que la complexité et la virtuosité entraînent le spectateur sans jamais le perdre, lui donnant juste l’impression d’écrire l’histoire avec lui.

Cluny

 

 

par Cluny publié dans : critiques de juillet-août 2006
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 15 août 2006

Film américain de John Stockwell

Titre original : Into the Blue

Interprètes : Jessica Alba (Sam), Paul Walker (Jared), Scott Caan (Bryce), Ashley Scott (Amanda)

Durée : 1 h 50

  

Note : 5/10

En deux mots : La fille cachée de Barbie et du Commandant Cousteau recherche un trésor. Culcul, mais divertissant.

Le réalisateur : Né en 1961 au Texas, John Stockwell suit les cours de la section cinéma de l'Université de New York. Il commence d'abord une carrière d'acteur, et apparaît dans des films comme "Christine", de John Carpenter, "Top Gun", de Tony Scott, et "Nixon", d'Oliver Stone.

Il passe à la réalisation en 1987 avec "Under Cover", un thriller qui se déroule dans un lycée. Il ne tourne son second film qu'en 2002 avec "Blue Crush", une histoire de surfers.

L'histoire : Aux Bahamas, Jared vient de se faire virer de son job de moniteur de plongée. Avec sa copine Sam, son frère Bryce avocat newyorkais et la dernière conquête de ce dernier, il tombe sur l'épave d'un bateau datant de la guerre de Sécession et dont les chroniques rapportent qu'il abrite un trésor. Seulement, juste à côté ils découvrent la carcasse d'un avion bourré de cocaïne.

Ils se trouvent placés devant un dilemme : pour pouvoir profiter de la découverte du trésor, ils doivent remonter une preuve du nom du bateau ; sauf que s'ils informent la police du lieu où se trouve la drogue, ils se verront écartés de la zone. Sam veut quand même respecter la loi, mais influencé par son frère, Jared accepte de plonger pour trouver la preuve de l'identité du Zéphyr.

Mais les commanditaires de la cocaïne sont aussi sur la piste de l'avion...

La critique : Gloire à l'indolence de la programmation estivale et à la carte illimitée qui m'ont permis de voir ce nanard subaquatique, dont le principal intérêt réside dans le nombre de scènes mettant en valeur la plastique irréprochable de Jessica Alba.

Parti pour battre mon record de la note la plus basse, force est de reconnaître que ce téléfilm sur grand écran est plutôt pas mal réalisé, mix d'une pub pour le Club Med, d'un clip de MTV et du "Monde du Silence" (où Jojo le Mérou aurait fait un stage dans "Les Dents de la Mer") !

Alors, certes, la psychologie des personnages a l'épaisseur d'un numéro de Star Club : le couple des gentils est convaincu que l'amour est plus important que l'argent, alors que celui des moins-gentils-mais-gentils-quand-même va déclencher la catastrophe par cupidité (ce qui n'empêchera pas la gentille Sam de couper la main d'un cadavre à la machette pour se libérer de ses menottes, et d'envoyer un vrai-méchant se faire boulotter par un squale !).

L'intrigue est classique à souhait, avec des flics corrompus, des traficants avec des gueules de traficants, et des rebondissement cousus de cable blanc. Mais le tout bénéficie d'un rythme assez alerte, de scènes d'action sous-marines filmées avec efficacité, et de raies mantas très photogéniques. Reste à savoir si pour ceux qui n'ont pas de carte illimité, cela vaut la peine d'acheter un billet...

Cluny

par Cluny publié dans : critiques de juillet-août 2006
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
blog jeux et consoles sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus