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Jeudi 29 décembre 2005
Film américain de Fernando Meirelles
Interprètes
: Ralph Fiennes (Justin Quayle), Rachel Weisz (Tessa Quayle), Danny Houston (Franck Woodrow), Hubert Kounde (Arnold Bluhm)
Durée : 2 h 08

L



Note : 8/10
En deux mots : Polar altermondialiste palpitant, ce film mélange efficacement l’histoire de personnages forts et crédibles, et la dénonciation du cynisme des trusts pharmaceutiques dans le continent africain.

Le Réalisateur : Né en 1955 à Sao Paulo, Fernando Meirelles a d’abord tourné des films expérimentaux en vidéo. Puis il est devenu un des principaux réalisateurs de publicités au Brésil. Il a mis en scène son premier long-métrage en 1998. Son troisième film, « La Cité de Dieu » (2002), qui raconte la violence dans une favella au début des années 1980, lui vaut une célébrité mondiale.

La critique : « La constance du jardinier », tel est le titre français du roman de John Le Carré dont est tiré le scénario. Le jardinier, c’est Justin Quayle. Jardiner n’est que son hobby : il est diplomate au Haut Commissariat Britannique à Nairobi.

Le film débute par une scène où Justin accompagne sa femme Tessa et le Dr Bluhm à l’aéroport. L’image se surexpose progressivement, effaçant Tessa et laissant Justin face à sa solitude.
Puis quelques plans furtifs d’une voiture les roues en l’air au bord d’un lac, un 4x4 qui s’approche, des hommes armés qui en descendent.

Justin apprend que Tessa a été violée et assassinée, et que l’homme dont le corps a été retrouvé au côté du sien avait partagé la même chambre d’hôtel.

Commence alors un flash-back qui va se dérouler en même temps que l’enquête mené par le diplomate.
Tessa et Justin, c’est l’union des contraires. Elle est battante, anti-conformiste, jusqu’au-boutiste. Lui est diplomate et britannique, dans le moindre de ses actes.
Pourtant, ils s’aiment, et se sont jurés de se protéger mutuellement.
En menant ses activités humanitaires, elle commence à découvrir les dégâts causés par l’expérimentation clandestine d’un médicament par une compagnie pharmaceutique.

Progressivement, Justin va refaire le même chemin que Tessa, découvrant l’ampleur du complot et la puissance des forces auxquels il va devoir s’opposer…

La première partie du film est virtuose. La caméra de Meirelles virevolte autour des acteurs, leur laissant une liberté qui donne une force particulière à leur jeu. Même si les images sont superbes, l’Afrique qu’il nous montre est loin des cartes postales. Tournées en décors naturels, les scènes africaines montrent avec une force documentaire l’état de ce continent plus de quarante ans après la décolonisation.
Ici, on n’est pas loin du «Cauchemar de Darwin».

La construction narrative est brillamment maîtrisée, entremêlant enquête policière, histoire d’amour et description des effets de la mondialisation sauvage.

La deuxième partie est plus conventionnelle ; elle nous montre l’enquête de Justin à Londres, Berlin et Nairobi. Elle s’étire un peu, et même si le rythme reste très nerveux, certaines péripéties peuvent paraître redondantes, et quelques scènes sont inutilement démonstratives.

Il n’en reste pas moins que « The Constant Gardener » est une œuvre passionnante et efficace, une greffe réussie d’un talent venu de ce cinéma sud-américain en pleine ébullition sur la production hollywoodienne.

Cluny

par Cluny publié dans : critiques de décembre 2005
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Mardi 27 décembre 2005
Film italo-franco-américain de Abel Ferrara
Interprètes
: Juliette Binoche (Mary Pavesi), Forest Whitaker (Theodore Younger), Matthew Modine (Tony Childress), Heather Graham (Elizabeth Younger).
Durée : 1 h 25

L



Note : 7/10
En deux mots : Film torturé et envoûtant, «Mary» entremêle de nombreux fils narratifs : celui de la résurrection du Christ vue par Marie-Madeleine, celui de la réalisation et de la présentation d’un film sur la Passion, celui d’une émission de télévision sur Jésus et ceux du destins des trois personnages qui les traversent. A la fois mystique et naïf, il vaut surtout par la virtuosité de sa réalisation.

Le Réalisateur : Né en 1951 dans le Bronx, Abel Ferrara après avoir tourné des films X, réalisa son premier long métrage en 1979, «The Driller Killer», l'histoire d'un artiste new-yorkais underground ayant du mal à joindre les deux bouts. Avec ses acteurs de prédilection, Harvey Keitel et Christopher Walken, il a tourné une quinzaine de films, dont «China Girl» (1987), «The King of New York» (1990) « Bad Lieutenant » (1992) et «Nos funérailles» (1996).
Il n’avait pas tourné depuis quatre ans.

La critique : Le film commence par la fin d’un tournage. Celui de «Ceci est mon sang», réalisé en Italie par Tony, metteur en scène égocentrique (est-ce un pléonasme ?), basé sur l’évangile apocryphe de Marie-Madeleine. Cette dernière est jouée par Mary, Tony s’étant réservé le rôle de Jésus.

Quand Tony lui demande de prendre avec lui l’avion qui le ramène aux Etats-Unis, elle refuse pour aller retrouver les traces de Marie-Madeleine à Jérusalem.

Un an plus tard à New York, Tony croise Theodore, qui anime un talk-show sur Jésus. Theodore a une femme qui est enceinte, et une maîtresse. Alors qu’il est avec celle-ci, sa femme manque de perdre son enfant. Rongé par la culpabilité, il cherche la rédemption dans la prière, aidée par Mary qui poursuit sa quête spirituelle en Terre Sainte.

Abel Ferrara rend hommage à deux films qui se sont attaqués à la vie de Jésus : «L’Evangile selon Saint-Mathieu», de Pasolini, et «La dernière tentation du Christ», de Scorcese. Comme pour ce dernier, la première du film de Tony est d’ailleurs perturbée par des manifestations hostiles.

Ce film parle de nombreux sujets : de la parole des femmes dans les Evangiles, de la responsabilité des metteurs en scène, de l’investissement de l’acteur dans un rôle, de la puissance de la télévision, du désordre du monde.
Il est constamment sous tension, et les moindres moments de répit peuvent être victimes de l’irruption de la violence : attentat au milieu d’un repas en Israël, agression dans les rues de New York, alerte à la bombe lors d’une projection de presse…

Si on a parfois du mal à rentrer dans le mysticisme de Mary ou de Theodore, si on ressent même de la gêne devant la scène où ce dernier s’adresse à Dieu, tant elle fait écho aux campagnes des chrétiens conservateurs, la virtuosité de la réalisation peut suffire à combler le cinéphile.

Dans cet entrelacs de récits et de modes de narration (film dans le film, émission de télévision avec de vrais théologiens, images d’actualité, comme celle de cet enfant palestinien et de son père pris entre deux feux), Abel Ferrara illustre ce qu’il disait dans une interview au Monde : «Le secret du montage consiste à se défaire de son projet initial pour aller vers ce que le film doit être

Cluny

par Cluny publié dans : critiques de décembre 2005
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Mercredi 21 décembre 2005
Film français de Luc Besson
Interprètes
: Djamel Debbouze (André Moussa), Rie Rasmussen (Angela), Gilbert Melki (Franck), Serge Riaboukine (Pedro)
Durée : 1 h 58

L



Note : 6/10
En deux mots : Se voulant à la fois comédie romantique et conte philosophique, « Angel-A » est l’histoire de quelqu'un qui ne s'aime pas et qui va apprendre à s'aimer avec l’aide d’un ange. Malgré une très belle photographie et un talent de réalisation indéniable, la mayonnaise ne prend pas.

Le Réalisateur : Né en 1959, Luc Besson réalise son premier film en 1983, « Le dernier combat ». Il rencontre un premier succès avec « Sub way » en 1985. « Le Grand Bleu » (1988) est vu par 9 millions de spectateurs, et devient le film d’une génération. Il enchaîne d’autres succès : « Nikita » (1990), « Léon » (1994), « Le cinquième élément » (1997) et « Jeanne d’Arc » (1999).
Il devient aussi producteur de films grand public : la série des « Taxi », « Le baiser mortel du dragon », « Banlieue 13 », mais aussi des films d’auteurs, comme « Trois enterrements », de Tommy Lee Jones ou « Ne pas avaler », de Gary Oldman.
Luc Besson a toujours dit qu’il ne tournerait que dix films. Comme il a déjà fini le tournage de «Arthur et les minimoys » (Sortie prévue fin 2006), "Angel-A" devrait être son dixième et dernier film.

La critique : André est un petit escroc mythomane et malheureux. Ayant gagné une green card à la loterie, il se dit américain, prétend avoir un duplex à New York et des affaires en Argentine, mais c’est bien Paris qu’il arpente pour échapper aux petites frappes et aux gros durs qui veulent lui faire rembourser ses dettes.

Au moment où il s’apprête à se jeter dans la Seine, une grande pétasse blonde (c’est dans le scénario !) saute avant lui, et par réflexe, il la sauve. Elle lui promet alors de faire tout ce qu’il lui demandera.

Elle s’appelle Angela, et l’on va vite découvrir que cela peut aussi s’écrire comme le titre du film : Angel-A. Elle a des anges les pouvoirs de divination et de persuasion, plus une droite ravageuse. Entraînant André dans une errance nocturne, elle va lui servir de coach, et lui révéler qu’avant d’espérer se faire accepter par les autres, il faut commencer par s’aimer soi-même.

C’est un Besson. Indubitablement.
Un peu comme l’affiche de Virgin, on peut jouer à retrouver pêle-mêle les ingrédients de ses précédents films : le noir et blanc du « Dernier combat », les bas-fonds de « Sub way », la Mathilda de « Leon » grandie trop vite (jusqu’à ses « OK » et ses « cool ! »), les personnages dézingués du « Cinquième élément », et même l’humour éléphantesque des dialogues de « Taxi »…

La photographie de Thierry Arbogast, son complice depuis « Nikita », est superbe. Besson a filmé un Paris rêvé, sans habitants ni voiture, un Paris d’un petit matin d’août.
Il maîtrise toujours autant le cadrage et la dynamique du montage, et certaines scènes sont particulièrement réussies.

Mais tout cela n’est pas suffisant pour sauver un scénario plein de bons sentiments, avec un message qu’on croirait tiré d’un séminaire de communication pour cadres de Jacques Salomé… Tout cela en fait un film très bavard, et la tchache de Djamel conjuguée au français phonétique du mannequin Rie Rasmussen amènent rapidement le spectateur à décrocher.

Quand on se rappelle que Luc Besson s’est limité à dix films, il est dommage que celui qui est malgré tout un des cinéastes les plus intéressants de sa génération, ait ainsi dilapidé une de ses cartes dans un film si creux.

Cluny

par Cluny publié dans : critiques de décembre 2005
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Mardi 20 décembre 2005
Film italien de Roberto Benigni
Titre original : La Tigre e la Neve
Interprètes
: Roberto Benigni (Attilio De Giovanni), Nicoletta Braschi (Vittoria), Jean Reno (Fouad), Tom Waits (dans son propre rôle)
Durée : 1 h 58

L



Note : 7/10
En deux mots : Conte poétique ayant pour toile de fond l’invasion de l’Irak, ce film réussit à émouvoir et à amuser, grâce à l’énergie chaplinesque de Benigni.

Le Réalisateur : Né en 1952, Roberto Benigni débute comme acteur pour Bertolucci, Fellini, Ferreri et Jarmusch. En 1983, il réalise son premier film « Tu mi turbi ». C’est en 1997 qu’il reçoit la consécration internationale avec « La Vita è bella », Grand Prix du Jury au Festival de Cannes.

La critique : Chaque nuit, Attilio, professeur de poésie à l’université, rêve d’une étrange cérémonie dans une église en ruines où il épouse Vittoria, accompagné au piano par Tom Waits en personne.

Vittoria existe bien, mais elle ne (re)cédera à Attilio que le jour où elle verra à Rome un tigre sous la neige. Quand il apprend par son ami le poète irakien Fouad que Vittoria venue l’interviewer a été victime d’un accident, Attilio se joue de toutes les difficultés et en pleine invasion de l’Irak rejoint Bagdad pour la soigner.

Dans la pénurie et le désordre consécutifs à l’effondrement du régime de Saddam Hussein, il va réussir à trouver tous les médicaments nécessaires pour la sauver. Victoria ne sortira du coma qu’après qu’Attilio ait été arrêté par les Américains, et elle ne saura donc pas l’identité de son sauveur.

Mais comme nous sommes dans le domaine du conte, il suffira d’un baiser et de l’effleurement d’un collier pour qu’elle comprenne, et à Rome où l’imprévu devient probable, la neige tombera sur le tigre…

Benigni, ou on l’adore, ou il agace.
Je fais plutôt partie de la deuxième catégorie. Je n’avais pas été enthousiasmé par « La Vie et belle », auquel j’avais préféré « Train de vie », de Radu Mihaileanu qui avait su traiter le même sujet de la shoah avec beaucoup plus de finesse et bien moins de sentimentalisme. Et l’hyperactivité de son « Pinocchio » n’avait réussit à produire chez moi qu’une migraine…

Mais dans ce film, il a su trouver un rythme et une variété de tons, tant dans son jeu que dans les rebondissements de l’intrigue, qui réussissent à susciter l’émotion tout en préservant le sourire, voire le rire.

Le scénario est à l’image de l’Irak : sans dessus dessous. Mais c’est justement ce joyeux foutoir qui convainc, et quoi de plus naturel que de voir Attilio se faire jeter du comptoir de l’aéroport de Rome où il a demandé un billet pour Bagdad, et de le découvrir au J.T. le soir même en Irak, en train de décharger un avion de la Croix-Rouge.

Certes, Bagdad ressemble à un décor d’opéra, et les scènes de combat semblent bien loin de la réalité des dommages collatéraux. Mais quand bardé de médicaments, Attilio manque de se faire descendre à un check point par des soldats américains qui le prennent pour un kamikaze, il en dit aussi long sur la nature de cette opération.
Citoyen d’un pays ayant participé à l’intervention aux côté des Américains, Attilio réussira même à dénicher une arme de destruction massive, et utile de surcroît : une tapette à mouches !

Comme dans la scène de « La Vie est belle » où il traduisait pour son fils les propos du soldat allemand, Benigni trouve parfois des accents chaplinesques : quand il arrive dans son appartement avec Vittoria, et découvre tous les éléments du tête-à-tête romantique laissés par une collègue amoureuse de lui, ou quand il pense avoir effrayé les deux Irakiens qui le poursuivaient et se met à fanfaronner, alors qu’il est au milieu d'un champ de mines…

Ce film a les défauts de ses qualités. Par instants, il n’évite pas de retomber dans le sentimentalisme cher à Benigni, et une musique sirupeuse vient souligner avec insistance ces moments-là. A vouloir trop montrer, il manque certains sujets, comme celui du poète irakien.
Mais la générosité et l’énergie qui le portent en font un film touchant et atypique, pour moi le meilleur de son auteur.

Cluny

par Cluny publié dans : critiques de décembre 2005
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Dimanche 18 décembre 2005
Film taïwanais de Hou Hsiao-hsien
Interprètes
: Shu Qi (May, Ah Mei, Jing), Chang Chen (Chen, M. Chang, Zhen).
Durée : 2 h 00

L



Note : 9/10
En deux mots : Un homme et une femme. Trois époques, trois histoires d’amour, trois façons de filmer. Une leçon de cinéma par un des plus grands réalisateurs de notre temps.

Le Réalisateur : Né en 1947, Hou Hsiao-hsien a réalisé son premier film, « Cute girl», en 1980. Prix de la critique internationale à Berlin en 1985 avec « Un temps pour vivre, un temps pour mourir », Lion d’or à Venise en 1989 avec « La cité des douleurs », il obtient le Prix du Jury au Festival de Cannes en 1993 pour « Le maître des marionnettes ».
Le public français a découvert « Les fleurs de Shangaï » en 1998, « Millenium Mambo » en 2001 et « Café Lumière » en 2003, hommage à Ozu.

La critique : Trois histoires autour de l’amour, un même lieu, Taïwan, deux acteurs, et trois périodes différentes. Ces trois moyens métrages parlent d’approches différentes de l’amour, et donnent lieu à des façons différentes de les filmer.

1966. May travaille dans une salle de billard. Elle rencontre Chen. Ils flirtent. Puis il doit partir à l’armée. Elle reste, l’attend, puis s’en va. Quand il revient, il part à sa recherche…
Rythmé par les chansons des « Aphrodite’s Child », ce film évoque à la fois « Les Parapluies de Cherbourg » (le chassé-croisé, le rôle du départ à l’armée) et « In the mood for love » (la tension amoureuse retenue, les robes sixties).

Le film se termine sur le premier passage à l’acte : sous la pluie, Chen prend la main de May… Animée d’une langueur nostalgique, il montre l’intensité des émois de la rencontre ; un regard, un effleurement prennent une ampleur voluptueuse, et le talent de Shu Qi se manifeste dans chaque sourire esquissé, dans chaque déplacement en apesanteur…

Longs et lents travelings, éclairage tamisé, la réalisation est adaptée à l’histoire : fluide et élégante.

1911. Ah Mei est courtisane dans une maison de plaisir. Elle a pour client M. Chang, jeune bourgeois qui combat pour sortir Taïwan de la domination japonaise. Elle le sensibilise au sort d’une de ses amies, tombée amoureuse. Il va utiliser ses relations et sa fortune pour permettre leur mariage. Mais quand elle lui demande de faire la même chose pour elle, il l’abandonne, préférant ses ambitions politiques.

Tourné en couleurs, ce film est muet, avec des inter-titres. Seuls sons, le chant lancinant de la courtisane, et le bruit de l’enveloppe qui se déchire, couperet qui met fin à son espoir…
Là, on retrouve le style des « Fleurs de Shangaï », tourné aussi dans une maison de plaisir. Le réalisateur joue de l’exiguïté des lieux par des plans fixes qui utilisent portes, fenêtres et miroirs pour démultiplier les points de vue.

L’amour ici est soumis au plaisir et aux choix arbitraire des hommes, et le même Chang qui offre le bonheur à l’une condamne l’autre au malheur.

2005. Jing est chanteuse de rock, bisexuelle. Elle rencontre Zhen, photographe. La technologie de la communication est partout : e-mail, photo numérique, téléphone portable, SMS, et pourtant les personnages se croisent, font l’amour, se quittent sans jamais donner l’impression d’être heureux, sans jamais vraiment échanger…

Il s’agit d’un prolongement de « Millenium Mambo » : même actrice (Shu Qi), même lumière nocturne, même place de la techno…

Le film débute sur un long traveling qui suit la moto de Zhen slalomant dans la circulation de Taipeh. La caméra virevolte dans des espaces entrelacés : boîtes, appartements, cybercafés. La narration est destructurée, à l’image de la vie urbaine dans le village mondial de ce nouveau millénaire.

Comme vous pouvez le deviner, j’ai adoré ce film pour son intelligence, sa virtuosité, son esthétique, son actrice. Habitué et grand fan du cinéma asiatique, aujourd’hui un des plus créatifs, je peux comprendre qu’on ne partage pas mon enthousiasme et qu’on ait du mal à rentrer dans une monde si différent (une copine s’en souvient, qui s’est endormie aux « Fleurs de Shangaï » !), malgré un propos universel.

Cluny

par Cluny publié dans : critiques de décembre 2005
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