Pages vues


FreeCompteur Live

Recherche

Recommander

Syndication

  • Flux RSS des articles

critiques de mai 2007

Mardi 1 mai 2007 2 01 /05 /2007 12:13

Film américain de Alek Keshishian

Titre original : Love and other disasters

Interprètes : Brittany Murphy (Jacks), Matthews Rhys (Peter), Santiago Cabrera (Paolo)

Durée : 1 h 30



Note : 3/10

En deux mots : "Breakfast at Brittany's", comédie romantique lourdingue et ressassée, qui décolle un tout petit peu vers la fin.

Le réalisateur : Né en 1964, Alek Keshishian réalise en 1991 le documentaire "In Bed withy Madonna", puis une fiction en 1994, "With Honors".

L'histoire : Emily Jackson, alias Jacks, travaille à Londres pour le magazine Vogue. Ele a rompu avec James depuis un mois, mais ça ne l'empêche pas de continuer à coucher avec lui. Elle partage son appartement et ses confidences avec Peter, un copain de fac gay.

Lors d'une séance de photo, elle rencontre Paolo, l'assistant argentin du photographe. Persuadé qu'il est homo, elle se met dans la tête de le précipiter dans les bras de son coloc.

La critique :  Je plaide non coupable ! Parti pour voir "Spiderman 3" en V.O. à la séance de 9 h 40 de l'UGC Bercy, était-il prévisible que la salle affiche complet ? Pouvais-je prévoir un tel afflux d'arachnophiles matinaux ? Le seul film programmé à 9 h 45 et que je n'ai pas encore vu était celui-là, aussi me suis-je autorisé à me laisser entraîner par mon côté girly...

Voilà un film qui redonne une indubitable crédibilité à ma carte illimitée, en me donnant la bonne conscience de ne pas avoir réellement déboursé quelques sous pour un pareil navet.

Bon. Donc, puisqu'il s'agit d'une comédie romantique, cap sur Londres, et le monde de la mode. Brittany Murphy joue une blonde-inside-superficielle-mais-pas si-nunuche-que-ça, habillée et maquillée comme Audrey Hepburn dans "Breakfast at Tiffany's", qui nous est montré comme son film préféré, des fois qu'on ait pas trouvé ça tout seul. Elle mène une vie trépidante, parcourant la capitale anglaise au volant de son Austin Mini pour aller de séances de shooting en cocktails et en inauguration d'expositions branchouilles, et s'occuper des problèmes existentiels de son coloc scénariste méconnu et de sa copine poétesse alcoolique.

On le voit, rien de bien nouveau sous le brouillard londonien, si ce n'est l'absence totale de cet humour britannique présent chez Mike Newell ou Roger Mitchell. On ne rit pas, et pire, on est gêné devant tant de balourdise, digne des pires films (un pléonasme) de Gabriel Aghion, à l'instar de cette scène où une psy obèse compare le sentiment amoureux à une flatulence.

J'ai hésité à partir pour ne plus avoir à subir ces dialogues de sitcoms avec tant de répliques qui font flop. Et puis, aux deux-tiers du film, la comédie pas drôle laisse enfin la place à la comédie romantique, et on en vient presque à s'intéresser au suspens insoutenable : Jacks va-t-elle enfin s'apercevoir que Paolo n'est pas gay ? Emportée par le rythme du cahier des charges de toute bonne comédie sentimentale, l'action décolle enfin, et la mise en scène prend une pincée de relief, avec un jeu de mise en abyme entre la réalité et le scénario qu'en a tiré Peter.

Ca fait quand même bien peu pour sauver une production plombée par un scénario éculé, une photographie cheap, un cabotinage exaspérant de la plupart des acteurs et des dialogues consternants : beaucoup de petits désastres pour un seul film.

Cluny

Par Cluny - Publié dans : critiques de mai 2007
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 5 mai 2007 6 05 /05 /2007 13:13

Film chinois de Jia Zhang Ke

Titre original : Sanxia Haoren (Braves gens des Trois Gorges)

Interprètes : Han Sanming (San Ming), Zhao tao (Zhen Hong)

Durée : 1 h 48



Note : 8/10

En deux mots : Un homme, une femme reviennent à Fenjie, ville promise à l'engloutissement sous le lac du barrage des Trois Gorges. Destins individuels et collectifs s'entremêlent dans ce film grave et poétique.

Le réalisateur : Né en 1970 à Fenyang dans le Shanxi, Jia Zhang Ke suit les cours de l'Académie du Cinéma de Pékin. Il fonde une société de production indépendante et tourne plusieurs courts métrages. Il réalise son premier long métrage en 1997, "Xia Wu artisan pickpocket". "Platform" obtient en 2001 la Montgolfière d'Or du Festival des Trois Continents de Nantes, et "Plaisirs Inconnus" concourt à Cannes en 2002. "The World" en 2005 est son premier film autorisé par le gouvernement et distribué en Chine.

L'histoire : San Ming est mineur dans le Shanxi ; il débarque à Fenjie à la recherche de la femme qu'il avait achetée 3000 yuans seize ans avant, et de sa fille qu'il n'a jamais connu. Leur adresse n'existe plus, enloutie sous les eaux du lac de retenue du barrage des Trois Gorges sur le Yangzi Jiang. Il se fait engager comme ouvrier sur l'immense chantier de démolition qu'est devenue la ville.

Zhen Hong arrive à Fengjie à la recherche de son mari, patron d'une entreprise de démolition, qu'elle n'a pas vu depuis deux ans et qui ne lui donne plus de nouvelle. L'un et l'autre à travers cette cité en train de se vider de ses habitants.

La critique :  Présenté comme "film surprise" dans la catégorie documentaire à la dernière Mostra de Venise, "Still Life" en est reparti avec le Lion d'Or. Pourtant, il s'agit bien d'une fiction, et la caméra suit en permanence un des deux héros du film, même si l'arrière-plan est fondamental pour comprendre ce qui se passe. Originaire du Shanxi comme son héros, Jia Zhang Ke a découvert la région en 2006 quand il y a réalisé "Dong", un documentaire sur son ami le peintre Lui Xaodong venu réaliser des toiles géantes sur l'édification de ce barrage contreversé, qui a entraîné le déplacement de 1,2 million de personnes sans que le gouvernement ne prenne en charge leur relogement.

La montée annoncée des eaux est une double métaphore : de celle du temps qui passe, et de la brutalité de la réforme économique. L'ami de Zhen est un archéologue, qui se dépêche de fouiller une sépulture de 2 200 ans, avant qu'elle ne soit recouverte à nouveau, et l'encaissement de la vallée a conduit à la stratification de toutes ses constructions, où les rues qu'habitaient les personnages quelques années avant se repèrent à l'aplomb de tel ou tel ferry. Jia Zhang Ke résume cette concaténation du temps en un plan, où un acteur de théâtre en costume traditionnel joue à la console.

Jia a expliqué : "On construit une ville, on la détruit, tout cela dans un temps finalement très rapide à l'échelle d'une vie. Il y a cette vitesse très voire trop rapide, du développement en Chine. Ce n'est d'ailleurs pas un discours politique par rapport à une censure. Ces scènes se passent réellement et la dimension symbolique évidente fait partie de cette réalité là." On voit ainsi des hommes passer et marquer à la peinture des immeubles d'un sigle "à démolir", sans que les habitants n'aient été prévenus ; le seul ordinateur qui recense les nouvelles adresses des personnes déplacées est en panne, alors que dans le couloir de cette administration des personnes vocifèrent contre l'inégalité de traitement indigne d'un gouvernement communiste.

Car la corruption et l'anarchie ultralibérale semblent partout, symbolisées par l'ominiprésence de l'argent. A peine débarqué, San est conduit de force par un malabar à assister à un tour de magie minable, qui consiste à transformer des euros en yuans ; et quand le gorille se rend compte qu'il n'a pas d'argent, il lui lâche un "salaud de pauvre !". A la télé, l'acteur d'un sitcom local allume son cigare avec un billet de cinq dollars, et quand ils comparent les beautés de leurs régions, les ouvriers démolisseurs ont recours aux dessins de leurs billets.

Même la vie privée se monnaie, et quand un collègue interroge San sur son mariage et découvre qu'il a payé pour trouver une épouse, il réplique "C'est normal, on a plus de femmes que d'hommes, on en vend beaucoup". Et là encore, Jia Zhang Ke résume cette merchandisation de l'humain en un plan quasi subliminal, celui d'une homme qui dort dans un sac en toile de jute.

"Still Life" est de ces films qui se méritent ; il y a une distortion du temps, avec des ellipses succédant à des scènes tournées en durée réelle. Cette élasticité s'accorde à la moiteur perceptible, avec ces hommes perpétuellement torses nus, ou Zhen en train d'essayer de retenir la fraîcheur d'un ventilateur. Jia Zhang Ke reste fidèle à sa ligne de conduite qui consiste à privilégier des acteurs amateurs, et si Han Sanming et Zhao Tao en sont à leur quatrième film, lui était mineur et elle danseuse. 

Il y a quelque chose de durassien dans "Still Life" à l'image de ce dialogue : "Où est ma fille ?"Elle travaille dans le sud"Ce n'est pas ici, le sud ?"Oui, mais elle, elle est au sud du sud". A un moment, un collègue de San lui déclame : "La société d'aujourd'hui n'est pas faite pour nous, nous sommes trop nostalgiques"... avant de reconnaître qu'il ne faisait que citer Chow Yun Fat, comme Vinz imitant Joe Pesci dans "Raging Bull".

A l'opposé d'un Chen Kaige ou d'un Zhang Ymou, Jia se rapproche des néoréalistes pour raconter des destins simples dans une société complexe en pleine mutation : grâce à cette simplicité du propos servie par une construction narrative éléborée, "Still Life" est certainement un des films les plus intéressants de ce début 2007.

Cluny

Par Cluny - Publié dans : critiques de mai 2007
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Dimanche 6 mai 2007 7 06 /05 /2007 17:33

Film américain de Sam Raimi

Interprètes : Tobey Maguire (Peter Parker/Spider-Man), Kirsten Dunst (Mary Jane Watson), James Franco (Harry Osborn)

Durée : 2 h 19



Note : 6/10

En deux mots : Spider-Man vs Spider-Man, ou le conflit intérieur expliqué aux petits Américains (et inféodés). Manichéen, divertissant et tarabiscoté.

Le réalisateur : Né en 1959 dans le Michigan, Sam Raimi fonde avec son frère Ivan la Society for Creative Filmmaking de l'Université du Michigan. Il tourne "Evil Dead" en 1982, qui obtient le grand prix du Festival de Paris du Film Fantastique, et qui sera suivi des opus 2 et 3. Il réalise en 1987 "Mort sur le Grill", coécrit avec les frères Cohen. Il tourne ensuite "Un plan simple" (1998), "Pour l'Amour du Jeu"(2000)  et "Intuitions"(2001), avant de s'attaquer aux deux premiers volets de "Spider-man" en 2002 et 2003.

L'histoire : Pour Peter Parker, tout a l'air de bien aller : Spider-Man est adulé et va bientôt recevoir les clés de la ville, Mary Jane a été engagée dans une revue musicale et il se sent prêt à lui faire sa déclaration. Mais une substance extra terrestre a contaminé son costume, et si elle décuple ses pouvoirs, elle révèle surtout son côté obscur. Harry tente à nouveau de venger la mort de son père, et Peter le laisse pour mort après un ultime affrontement. Il apprend aussi que le véritable assassin de son oncle est Flint Marko, et que celui-ci vient de s'évader. Enfin, au journal, il doit faire face à la concurrence agressive d'un nouveau photographe, Eddie Brock.

La critique :  Posons le cadre : je suis un enfant de la BD franco-belge et de la loi de 1949 sur les publications destinées à la jeunesse, et j'ai toujours considéré les Marvels Comics comme un des outils de base de l'Oncle Sam pour enseigner aux kids les rudiments de l'american way of life : la loi du lynch, la peine de mort, la NRA et l'americanocentrisme.

Leur passage sur grand écran n'a pas plus attiré ma mansuétude, et je n'ai jamais compris l'engouement passé 13 ans pour ces personnages navrants en collants moule-burnes, affublés de la plastique de Schwartzy et du cerveau de Donald Rumsfeld (Bon, d'accord, l'inverse serait encore pire !). Et le passage au numérique a supprimé ce qu'il pouvait y avoir de naïf avec les effets spéciaux balbutiants des premiers Superman : puisque tout devenait possible, les réalisateurs se sont sentis obligés de tout faire.

Donc, opus 3 de la saga de l'Homme-Araignée. On retrouve (façon de parler, j'avais séché "Spider-Man 2") Peter Parker et sa tronche de premier de la classe, parcourant les rues de New York au guidon de sa mob, lointain cousin d'un personnage des frères Dardenne. Peu importe qu'à une époque où même un mineur chinois possède un téléphone portable, notre héros reste tributaire du taxiphone de son palier, on est dans l'univers de la caricature, soit. Mary Jane connait ses exploits en combinaison acrylique, et il s'apprête à lui offrir la bague de la tatie, of course dans un restaurant français tenu par le cousin de l'Inspecteur Clouseau, of the Sûreté.

Bien entendu, pour tenir 140 minutes, il faut un grain de sable. Côté sable, nous allons être servis, avec le personnage de Marko qui tel un ado de Clichy-sous-Bois va se réfugier dans un transformateur et en ressortira sous forme d'ectoplasme minéral. Mais ce ne sera pas le seul ennemi que va devoir affronter Parker, puisque Harry va ressortir la panoplie paternelle du Bouffon, et que le rival professionnel de Peter va récupérer la substance extra terrestre pour incarner une version Alien de notre arthropode préféré.

Faiblesse scénaristique que cette inflation de super-méchants, que même Parker ressent quand il s'exclame "Mais d'où sortent-ils tous ?!". Pourtant, on comprend vite que le principal adversaire de P.P., c'est lui-même, son côté obscur qui le transformera de façon éphémère en Dark Vador adhésif. Mix entre traité de psychologie expliquée aux petits Yankees, chapitre "Schizophrénie", et leçon de morale, chapitre "Libre-arbitre", cette illustration coûteuse (250 millions de $) du conflit intérieur n'a rien de nouvelle, puisqu'elle rappelle étrangement "Superman III".

Quant aux scènes de bastons numériques, à force de virtuosité elles en viennent à nous lasser, la logique du toujours plus amenant à une scène finale too much, trop longue et trop tout, avec en prime l'apparition de Spider-Man sur fond de bannière étoilée, une foule en délire et le pompier de service du NYFD qui applaudit, hommage du héros américain à son collègue fictionnel.

Reste malgré tout un film plutôt bien ficelé, un Tobey Maguire niaiseux à souhait, une Kirsten Dunst bien plus mûre depuis son retour de Versailles et une autodérision parfois pataude, mais qui allège un gloubi-goulba assez indigeste.

Cluny

Par Cluny - Publié dans : critiques de mai 2007
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mardi 8 mai 2007 2 08 /05 /2007 18:52

Film canadien de Sarah Polley

Titre original : Away from her

Interprètes : Julie Christie (Fiona), Gordon Pincent (Grant), Oympia Dukakis (Marian)

Durée : 1 h 45



Note : 6,5/10

En deux mots : Un mari voit sa femme s'enfoncer dans la maladie d'Alzheimer. Pudique, trop peut-être.

La réalisatrice : Née en 1979 à Toronto, Sarah Polley est la fille d'un acteur et d'une directrice de casting. Enfant puis adolescente, elle joue dans des séries télévisées canadiennes. En 1994, elle joue dans "Exotica", puis en 1997 dans "De Beaux Lendemains", deux films de Atom Egyan qui produit d'ailleurs "Loin d'Elle". Elle tourne pour Cronenberg ("eXistenZ"), Katheryn Bigelow ("Le Poids de l'Eau"), Wim Wenders ("Don't come knocking") et Isabel Coixet ("Ma Vie sans moi" et "The secret Life of Words").

Elle a réalisé quatre courts métrages, dont l'un, "I shout love", a remporté en 2003 le Genie Award canadien.

L'histoire : Fiona et Grant sont mariés depuis 44 ans, et vivent depuis 20 ans dans la maison héritée des grands-parents de Fiona. Malgré un parcours cahotique, notamment quand Grant était professeur à l'Université et qu'il avait du mal à résister aux avances de ses étudiantes, ils s'aiment toujours. Quand Fiona apprend qu'elle est atteinte de la maladie d'Alzheimer, et après qu'elle se soit perdue lors d'une balade à ski, elle décide de se faire admettre dans une maison spécialisée.

Grant s'y oppose, d'autant plus que le règlement prévoit une période d'intégration de trente jours où les visites ne sont pas autorisées. Fiona réussit à imposer sa décision ; mais quand Grant revient au bout d'un mois, il retrouve sa femme très attachée à un autre patient, Aubrey.

La critique :  Le Canada anglophone sous la neige semble propice aux chroniques en demi-teinte sur des sujets délicats : après "Snow Cake" qui abordait l'autisme adulte, voici donc "Loin d'Elle" qui parle de la maladie d'Alzheimer et de ses conséquences sur la vie des proches. En effet, Sarah Polley a choisi le point de vue du mari : quand il ne peut pas rendre visite à Fiona, le spectateur n'a plus de nouvelles d'elle non plus, et notre surprise est la même que celle de Grant en découvrant la relation naissante entre Fiona et Aubrey.

Pour son premier film, Sarah Polley s'est souvenu avoir tourné avec Atom Egoyan et Isabel Coixet, et on retrouve la même pudeur pour parler de sujets graves, comme le deuil après la disparition des enfants d'un village ("De Beaux Lendemains") ou la mort annoncée de la mère ("Ma vie sans moi"). Elle évite toute la machinerie de l'émotion, limitant les mouvements de caméra au strict nécessaire narratif, se passant des violonnades habituelles.

Elle avance par petites touches, dès le départ : Fiona et Grant discutent à la cuisine, plaisantent de choses et d'autres, jusqu'à ce que Fiona aille ranger la poêle dans le réfrigérateur. Grant ne dit rien, va chercher la poêle, mais son regard vaut tous les discours. Il y a des phrases aussi, dans la bouche de Julie Christie : "Il y a parfois quelques délices dans l'oubli", puis plus loin, "Je crois que je suis en train de disparaître".

Et pourtant, ça ne prend pas vraiment. Est-ce la faute à un excès de retenue ? A moins qu'il ne s'agisse d'un défaut de construction, avec un flash back emberlificoté qui nous donne l'impression d'être dans le cerveau détructuré de Fiona ? Et puis il y a aussi quelques maladresses, comme ces images du passé en super-huit, ou cette redondance quand Fiona compare son cerveau aux lumières d'une maison qui disjoncteraient les unes après les autres, et pouf ! on voit les lumières de leur maison qui s'éteignent... On est loin de l'énergie qui traversait "Se souvenir des belles Choses", la faute à une narration trop en empathie avec l'effacement progressif des deux personnages.

La qualité du film réside plus dans certains détails, comme ce patient ancien reporter sportif qui continue à commenter la vie de la résidence comme un match de hockey, ou le sourire commercial de la directrice qui cherche à rentabiliser son dernier stage de communication, ou encore ce moment où Fiona, qui a pourtant déjà rejoint les malades les plus "évolués", dit soudain en voyant des images de soldats en Irak : "Comment ont-ils pu oublier le Viet-Nam ?"

Et puis, il y a Julie Christie, toujours aussi belle, toujours aussi juste, qui réussit à imposer un personnage fort jusqu'à la fin du film, mais qui simplement s'éclipse de plus en plus. Elle réussit à repousser l'ennui qui s'insinue lentement par sa seule présence à la fois ironique et poignante.

Cluny

Par Cluny - Publié dans : critiques de mai 2007
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 12 mai 2007 6 12 /05 /2007 16:13

Film britannico-belge de Sam Garbatski

Interprètes : Marianne Faithfull (Maggie), Miki Manojlovic (Miki), Kevin Bishop (Tom)

Durée : 1 h 43



Note : 5/10

En deux mots : Une cinquantenaire est obligée de devenir "travailleuse du sexe" pour sauver son petit-fils. Une belle idée, mais beaucoup de clichés.

Le réalisateur : Né en 1948 en Allemagne, Sam Garbarski vit en Belgique. Il a fondé une société de production publicitaire, et commencé à réaliser de nombreux spots. Il a ensuite tourné plusieurs courts métrages avant de réaliser son premier long métrage en 2003, "Le Tango des Rajevski".

L'histoire : Veuve cinquantenaire vivant à la campagne non loin de Londres, Maggie a une seule passion dans la vie, son petit-fils Olly, atteint d'une maladie orpheline. Elle a vendu sa maison pour lui payer de nombreux traitements qui ont tous échoué. Il ne lui reste plus qu'une seule chance : aller suivre un traitement expérimental en Australie. Les soins sont pris en charge, mais pas le voyage et l'hébergement de ses parents, Tom et Sarah.

Ceux-ci n'ont pas d'argent, et Maggie se voit refuser se demande d'emprunt par la banque. A son âge et sans qualification, on lui signiie qu'elle n'a aucune chance de trouver un travail. jusqu'à ce qu'elle voit une annonce demandant une hôtesse sur la vitrine d'un bar dont le nom est caché par le riseau de fer à moitié baissé : Sexy World.

La critique :  On nous aurait donc menti sur le plein emploi au pays du thatcherisme et du blairisme ! Après les ouvriers au chômage de Sheffield obligés de monter un spectacle de stip-tease dans "The Full Monty", voici donc une ménagère de plus de cinquante ans contrainte de devenir palucheuse professionnelle pour compenser les carences du système de santé britannique. Idée originale pour cette énième comédie dramatique à dimension sociale outre-manche (même si nous avons affaire à une production très européenne avec un réalisateur belge et des financements allemands, français et luxembourgeois, la distribution est entièrement anglo-saxonne et l'ensemble est très british).

Le film commence bien, avec des choix intéressants, comme cette première apparition de Maggie cachée derrière une énorme peluche qu'elle s'apprête à offrir à Olly, ou cette employée de banque coiffée d'un bonnet de Noël refusant le prêt qui sauverait la vie d'un gosse, ou encore ces accents lynchiens lorsque Maggie entre dans le club comme on descend aux enfers, corridor éclairé au néon, velours rouge et accords plaqués de Ghinzou, le groupe rock belge qui a composé la musique.

De même la rencontre avec Miki, joué par Miki Manojlovic, l'acteur fétiche de Kusturica depuis "Papa est en voyage d'affaire", qui lui explique qu"'ici, le mot hôtesse est un euphémisme", avant de donner à Maggie la définition de ce mot que lui expliqué son avocat. Et quand il lui demande de lui montrer ses mains, Maggie oppose autant de résistance que s'il lui avait demandé de se dévêtir, ayant intuitivement compris le rôle qu'elles seront appelées à jouer dans son futur métier.

La découverte de sa nouvelle profession est assez réjouissante, autant que la façon qu'elle a de se l'approprier telle une dame-pipi, ainsi que la découverte d'une nouvelle maladie professionnelle, le penis elbow. Malheureusement, la nécessité de trouver des ressorts dramatiques pour faire avancer l'histoire conduit les scénaristes à piocher dans le dictionnaire des clichés, et la succession d'injustices qui s'abattent sur la pauvre Maggie rendrait Dickens presque fleur bleue.

On a du mal à croire à ces personnages caricaturaux, depuis le fiston (joué par Kevin Bishop, le frère de Wendy dans "L'Auberge Espagnole") qui préfère laisser mourir son fils plutôt que d'accepter que sa mère lui donne ce type de coup de main, jusqu'aux desperate house wifes mâtinées de Miss Marple qui lui demandent des détails anatomiques avant de manifester leur pudibonderie, en passant par le businessman du porno au coeur tendre.

Ni la réalisation ni la direction d'acteurs ne rattrapent la convention de l'histoire. Marianne Faithfull ne convainc pas, avec un jeu minimaliste et une démarche robotisée que l'intensité de son regard ne suffit pas à compenser. La mise en scène ne tient pas ses promesses du début, et de ce côté là aussi, c'est le festival des trucs convenus, depuis le ralenti pour montrer la tristesse de l'héroïne jusqu'au plan fixe du décor de l'hôpital traversé par Maggie qui tire sa valise à roulettes comme on traîne sa peine. A se demander si les clients d'Irina ne représentent pas métaphoriquement les spectateurs de ce film, dont le plaisir n'aura duré qu'un court instant, bien vite remplacé par la frustration.

Cluny

Par Cluny - Publié dans : critiques de mai 2007
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés