Film américain de Alek Keshishian
Titre original : Love and other disasters
Interprètes : Brittany Murphy (Jacks), Matthews Rhys (Peter), Santiago Cabrera (Paolo)
Durée : 1 h 30
Note : 3/10
En deux mots : "Breakfast at Brittany's", comédie romantique lourdingue et ressassée, qui décolle un tout petit peu vers la fin.
Le réalisateur : Né en 1964, Alek Keshishian réalise en 1991 le documentaire "In Bed withy Madonna", puis une fiction en 1994, "With Honors".
L'histoire : Emily Jackson, alias Jacks, travaille à Londres pour le magazine Vogue. Ele a rompu avec James depuis un mois, mais ça ne l'empêche pas de continuer à coucher avec lui. Elle partage son appartement et ses confidences avec Peter, un copain de fac gay.
Lors d'une séance de photo, elle rencontre Paolo, l'assistant argentin du photographe. Persuadé qu'il est homo, elle se met dans la tête de le précipiter dans les bras de son coloc.
La critique : Je plaide non coupable ! Parti pour voir "Spiderman 3" en V.O. à la séance de 9 h 40 de l'UGC Bercy, était-il prévisible que la salle affiche complet ? Pouvais-je prévoir un tel afflux d'arachnophiles matinaux ? Le seul film programmé à 9 h 45 et que je n'ai pas encore vu était celui-là, aussi me suis-je autorisé à me laisser entraîner par mon côté girly...
Voilà un film qui redonne une indubitable crédibilité à ma carte illimitée, en me donnant la bonne conscience de ne pas avoir réellement déboursé quelques sous pour un pareil navet.
Bon. Donc, puisqu'il s'agit d'une comédie romantique, cap sur Londres, et le monde de la mode. Brittany Murphy joue une blonde-inside-superficielle-mais-pas si-nunuche-que-ça, habillée et maquillée comme Audrey Hepburn dans "Breakfast at Tiffany's", qui nous est montré comme son film préféré, des fois qu'on ait pas trouvé ça tout seul. Elle mène une vie trépidante, parcourant la capitale anglaise au volant de son Austin Mini pour aller de séances de shooting en cocktails et en inauguration d'expositions branchouilles, et s'occuper des problèmes existentiels de son coloc scénariste méconnu et de sa copine poétesse alcoolique.
On le voit, rien de bien nouveau sous le brouillard londonien, si ce n'est l'absence totale de cet humour britannique présent chez Mike Newell ou Roger Mitchell. On ne rit pas, et pire, on est gêné devant tant de balourdise, digne des pires films (un pléonasme) de Gabriel Aghion, à l'instar de cette scène où une psy obèse compare le sentiment amoureux à une flatulence.
J'ai hésité à partir pour ne plus avoir à subir ces dialogues de sitcoms avec tant de répliques qui font flop. Et puis, aux deux-tiers du film, la comédie pas drôle laisse enfin la place à la comédie romantique, et on en vient presque à s'intéresser au suspens insoutenable : Jacks va-t-elle enfin s'apercevoir que Paolo n'est pas gay ? Emportée par le rythme du cahier des charges de toute bonne comédie sentimentale, l'action décolle enfin, et la mise en scène prend une pincée de relief, avec un jeu de mise en abyme entre la réalité et le scénario qu'en a tiré Peter.
Ca fait quand même bien peu pour sauver une production plombée par un scénario éculé, une photographie cheap, un cabotinage exaspérant de la plupart des acteurs et des dialogues consternants : beaucoup de petits désastres pour un seul film.
Cluny
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