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Mardi 22 mai 2007

Titre original :  Pirates of the Caribbean: At World's End

Film américain de Gore Verbinski

Interprètes : Johnny Depp (Jack Sparrow), Orlando Blum (Will Turner), Keira Knightley (Elizabeth Swann), Chow Yun Fat (Le capitaine Sao Feng)

Durée : 2 h 48 

Note : 7/10

En deux mots : Episode final (??) de la trilogie des aventures du capitaine grunge et de ses acolytes. Trahisons, combats spectaculaires et effets spéciaux à foison au menu de ce film un peu longuet et toujours aussi tarabiscoté.

Le réalisateur : Né en 1964 aux Etats-Unis, Gregor Verbinski obtient une licence de cinéma à l'UCLA. Il réalise de nombreuses publictés, et crée notamment la grenouille de Budweiser. Il tourne son premier long-métrage en 1997, "La Souris", une comédie familiale produite par Dreamworks. En 2001, il réalise "Le Mexicain", avec Brad Pitt et Julia Roberts.

Après avoir signé le remake américain de "The Ring", il touche le jackpot avec "Pirates des Caraïbes" en 2003, suivi en 2006 du deuxième opus, "Le Secret du Coffre Maudit".

L’histoire : Or donc, le Hollandais Volant et son capitaine Davy Jones est maintenant sous la coupe de l'implacable Lord Beckett et sa Compagnie Anglaise des Indes Orientales, et il détruit les uns après les autres les navires des pirates sur tous les océans.

Will Turner, Elizabeth Swan et le capitaine Barbosa tentent donc de réunir les Neuf Seigneurs de la Cour des Frères, instance supérieure de la piraterie. Mais il manque un membre du conseil, le capitaine Jack Sparrow. Ils doivent donc obtenir du capitaine Sao Feng la carte qui leur permettra de rejoindre l'endroit où Jack est retenu...

La critique : Après "Spider-Man" et avant "Shrek", voici la troisième livraison des aventures de Jack Sparrow et du bestiaire de ses faux amis et vrais ennemis. La question qui se pose est celle de l'intérêt d'un épisode supplémentaire, au delà de la vente de nouveaux produits dérivés. Après 2 h 48, soit onze minutes de plus que pour le précédent, la réponse ne s'impose pas, tant on retrouve les mêmes qualités et les mêmes défauts que dans les tomes I et II.

Côté défauts, l'intrigue ne gagne pas en limpidité, loin s'en faut, et j'ai dû faire appel à allo-ciné pour le résumé ci-dessus, incapable que j'étais de donner du sens à la succession de trahisons, de retournements et de coups de théâtre qui dispersent le récit. Chaque épisode a amené des personnages supplémentaires, et comme dans cet univers-là, les morts sont aussi vigousses que les vivants, on se perd dans le labyrinthe des intérêts contradictoires de tout ce petit monde.

Autre faiblesse récurente, l'incapacité à ne pas claquer toute l'enveloppe des effets spéciaux, ce qui nous donne une surrenchère des scènes de combat qui finissent par lasser. Enfin, le recours à un humour pas toujours très fin est trop systématique, et s'il allège parfois le pathos de certaines scènes, il tombe aussi bien souvent à plat.

Au chapître des qualités, l'univers graphique souvent très réussi, avec des inspirations puisées du côté du néo-romantisme et de Gustave Doré. Certaines scènes sont assez poétiques, comme les barques des morts croisant le Black Pearl ; d'autres évoquent carrément le surréalisme, à l'image de cette multiplication des Johnny Depp, écho de celle du héros éponyme de "Dans la peau de John Malkovitch".

On retrouve avec plaisir les personnages auxquels on a fini par s'attacher : Jack Sparrow un peu plus sobre, si tant est que ce mot soit dans son vocabulaire, Elizabeth portée par une Keira Knightley qui a muri avec son personnage ; mention spéciale à Tom Hollander, déjà excellent dans l'incarnation du benêt de "Orgueil et Préjugés", et qui personnifie ici avec brio le salaud placide et court sur pattes.

Gore Verbinski continue à s'amuser à truffer son film de clins d'oeil cinématographiques, comme les corps dévalant le pont du Black Pearl en train de chavirer, réminiscence de "Titanic", ou la rencontre des deux trios sur une langue de sable filmée comme dans un western spaghetti, le compositeur Hans Zimmer parodiant alors Ennio Morricone. Et que dire de l'apparition du père de Jack Sparrow interprété par Keith Richards himself, sinon que la résurgence du paternel semble être un apanage des troisièmes épisodes, Indy découvrant le sien dans "Indiana Jones et la dernière croisade"...

Comme beaucoup de films ces derniers temps, "Pirates des Caraïbes, jusqu'au bout du Monde" aurait gagné à s'alléger de 45 minutes et de quelques intrigues secondaires inutiles, et l'illustration muiscale est toujours aussi pesante ; il demeure néanmoins un divertissement efficace et plutôt attachant.

Cluny

 

 

Par Cluny - Publié dans : critiques de mai 2007
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