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Mercredi 20 décembre 2006

Film français de Patrice Leconte

Interprètes : Daniel Auteuil (François), Dany Boon (Bruno), Julie Gayet (Catherine), Julie Durand (Louise)

Durée : 1 h 48

Note : 5/10

En deux mots : Un téléfilm au cinéma par Leconte, ça reste un téléfilm..

Le Réalisateur : Né en 1947 à Paris, Patrice Leconte a fait l'Idhec avant de travailler comme dessinateur et auteur au journal Pilote. En 1975, il réalise son premier film "Les vécés étaient fermés de l'intérieur". C'est ce film qui le fait remarquer par la troupe du Splendid, qui lui demande de réaliser "Les Bronzés" en 1978, puis les "Bronzés font du ski" en 1980. Il enchaîne sur trois comédies populaires : "Viens chez moi, j'habite chez une Copine" (1980), "Ma femme s'appelle reviens" (1982) et "Circulez, il y a rien à voir" (1983). Il change de style en 1985 avec "Les Spécialistes", un film d'action, et "Tandem" en 1987, une comédie douce-amère. "Monsieur Hire" en 1990 lui vaut une sélection à Cannes, et "Ridicule" '1996) une nomination à l'oscar du meilleur film étranger. Il réalise ensuite, entre autres : "La Fille sur le Pont" (1998), "La Veuve de Saint-Pierre" (1999), "L'Homme du Train" (2002) et "Les Bronzés 3" (2005)

L'histoire : François Coste est un riche marchand d'art qui consacre sa vie à son travail. En revenant d'un enterrement où il n'y avait que sept personnes, il se demande si le sien verrait plus de monde ; ses relations n'en sont pas persuadées, et son associée fait le pari avec lui qu'il sera incapable de lui présenter quelqu'un qui soit son meilleur ami.

Il se rend compte alors qu'il n'a aucun ami ; tous ceux qu'il approche lui renvoient à la tête son égoïsme. Il rencontre alors un chauffeur de taxi, Bruno, qui accepte de lui servir de coach. Mais les résultats sont lamentables, tant François se montre incapable d'être authentique et sympathique. Progressivement, une amitié commence à naître entre les deux hommes si dissemblables. Mais l'un est sincère, l'autre pas...    

La critique : Patrice Leconte présente une filmographie très inégale : à côté de films attachants, comme "Tandem", "Monsieur Hire" ou "La Fille sur le Pont", il a réalisé des films bien moins réussis comme "Une chance sur deux" ou "Rue des Plaisirs". Après le bankable "Bronzés 3", il revient à la comédie plus light avec "Mon meilleur Ami", le vingtième avatar "comique" du cinéma français que je dois endurer depuis le début de l'année.

Ce manque d'imagination de la production hexagonale dans le choix du genre se ressent ici en plus dans le scénario, digne d'un des synopsis les plus soporifiques de "Joséphine, Ange gardien". L'idée de base, et la seule du film, est celle de la rencontre de deux solitudes, une de la France d'en-haut, l'autre de la France d'en-bas, la première cherchant à acheter l'amitié du second.

La psychologie des personnages est digne de la cour de récré des CE2 : François est persuadé que de vagues relations d'affaires, concurrents de surcroît, ou des camarades perdus de vue depuis le collège peuvent devenir en un clin d'oeil son meilleur ami. Quant à Bruno, on ne peut pas croire à la fois à son côté Raymond-la-Science insupportable et à sa bonhommie sympathique.

Tout cela patauge dans les bons sentiments moralisateurs, et on est bien loin de la douce cruauté du personnage de Mortez dans "Tandem", pourtant évoqué ici dans la première scène où apparaît Bruno qui écoute le Jeu des Mille Francs. Daniel Auteuil ne peut pas grand chose pour rendre crédible un personnage qu'on veut nous présenter comme égoïste mais qui est surtout d'une effroyable niaiserie. Dany Boon s'en sort un peu mieux, surtout quand il joue vraiment la veine comique, basée ici sur son trac.

Le film est sauvé de l'ennui généralisé par la scène finale, le jeu télévisé Qui veut gagner des millions ?, où Dany Boon utilise tous les codes de l'émission pour surmonter son trac et dire ce qu'il a sur le coeur à François. On retrouve fugitivement le rythme nécessaire à une comédie, et le savoir-faire de Leconte qu'on croyait définitivement enlisé dans les sables mouvants du sentimentalisme bobo.

Cluny

par Cluny publié dans : critiques de décembre 2006
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