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Mercredi 22 novembre 2006

Film français d'Alain Resnais

Interprètes : Sabine Azéma (Charlotte), Isabelle Carré (Gaëlle), Laura Morante (Nicole), Pierre Arditi (Lionel), André Dussolier  (Thierry), Lambert Wilson (Dan)

Durée : 2 h 05



Note : 3/10

En deux mots : Vaudeville lourdaud, tellement loin d'Hiroshima et Marienbad.

Le Réalisateur : Né en 1922 à Vannes, Alain Resnais se fait offrir une caméra Kodak à 12 ans. Il intègre en 1943 la première promotion de l'IDHEC. Il obtient deux fois le prix Jean Vigo pour des documentaires : en 1954 pour "Les Statues meurent aussi" (coréalisé avec Chris Marker), puis en 1956 pour "Nuits et Brouillard", sur la déportation.

En 1959, il tourne sa première oeuvre de fiction "Hiroshima mon amour", sur un scénario de Marguerite Duras. En 1961, Robbe-Grillet écrit pour lui "L'année dernière à Marienbad", Lion d'Or à Venise. "Muriel" en 1964 est un des premiers films sur la Guerre d'Algérie. En 1966, "La Guerre est finie" sur la guerre d'Espagne obtient le Prix Louis Delluc.

Il aborde tous les genres : la science-fiction ("Je t'aime, je t'aime", 1968) le film historique ("Stavisky", 1974), le film scientifique ("Mon Oncle d'Amérique", 1980), la BD ("I want to go home", 1989), la variété ("On connait la chanson", 1997), l'opérette ("Pas sur la bouche", 2002).

L'histoire : Thierry est agent immobilier ; il fait visiter des appartements à Nicole, qui cherche à sauver son couple avec Dan, officier radié de l'armée. Au lieu de chercher du travail, il passe ses journées à boire au bar d'un grand hôtel, ratiocinant devant un barman désabusé, Lionel. Le père impotent de Lionel est odieux, et pas une garde-malade n'a réussi à passer plus de deux heures auprès de lui. Charlotte, la collègue de bureau de Thierry, accepte de s'en occuper. Bigote, elle prête des cassettes d'émissions musicales et religieuses à Thierry, qui découvre que ces cassettes ont été enregistrées par dessus des images érotiques mettant en scène Charlotte. Il est surpris en train de mater ces images par sa jeune soeur Gaëlle avec qui il habite.

La critique : "Coeurs" est tiré de "Peurs privées en places publiques", une pièce d'Alan Ayckbourne, dramaturge anglais dont il avait déjà adapté "Smoking" et "No Smoking". Cette matrice théâtrale se fait sentir, et pesamment. Que ce soit dans les décors (aucune action ne se passe en extérieur), dans les dialogues souvent à la limite du ridicule, dans les situations boulevardières ou dans le jeu accentué des acteurs (mention particulière à André Dussolier, mauvais comme un cochon), on sent le théâtre filmé. Les moyens du cinéma ne sont pas déployés pour donner de l'ampleur au récit, au contraire. Là où l'épure et le symbole servaient la densité de la narration dans un film comme "Dogville", ici tout est étriqué, téléphoné, mille fois vu.

La trame du récit est un enchevêtrement de personnages dont on découvre progressivement les liens, et la communauté de solitude. Ce procéde très à la mode aujourd'hui ( voir "Babel" ou "Trois Enterrements") n'est pas nouveau, il suffit de revoir "La Ronde" ou "Short Cuts", du déjà regretté Robert Altman. Mais ici, le procédé est voyant, peut-être parce qu'on sent très vite que l'histoire n'est qu'un prétexte pour faire autre chose, à savoir filmer les agitations des personnages cherchant à échapper à leur solitude comme les souris de laboratoire de "Mon Oncle d'Amérique".

Mais voilà : ces élucubrations tournent à vide, et on s'ennuie ferme. Intéressés ni par des personnages stéréotypés et peu crédibles (Thierry vivant avec sa soeur de 30 ans sa cadette...), ni par une intrigue poussive, ni par une mise en scène tournant à vide, les spectateurs n'ont plus qu'à décompter le temps qui s'écoule si lentement. Nombreux furent ceux dans la salle où je l'ai vu qui n'ont pas eu cette patience...

Cluny

 

par Cluny publié dans : critiques de novembre 2006
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Commentaires

Pas d'accord, mais alors pas du tout !
Et je ne suis pas le seul, presse et public sont enchantés.

ps : pas grave, c'est ça le cinéma, les gouts, les couleurs, tout ça... ;-)
commentaire n° : 1 posté par : Peyo (site web) le: 24/11/2006 00:55:29
Le dépit est proportionnel à l'attente et à l'estime que je porte au réalisateur de "Hiroshima mon amour" ou de "On connaît la Chanson"
réponse de : Cluny (site web) le: 24/11/2006 19:20:44

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