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Dimanche 17 septembre 2006

Film français de Philippe Lioret

Interprètes : Mélanie Laurent (Lili), julien Boisselier (Thomas), Kad Merad (Paul), Isabelle Renauld (Isabelle)

Durée : 1 h 40

Note : 8,5/10

En deux mots : Une jeune fille face à la disparition de son frère jumeau et au secret qui l'entoure. Un drame familial passionnant comme un thriller, et une Mélanie Laurent boulversante.

Le réalisateur : Né en 1955 à Paris, Philippe Lioret s'est fait connaître comme ingénieur du son. En 1993 il tourne son premier long métrage, "Tombé du Ciel" avec Jean Rochefort. En 1997, il réalise "Tenue correcte exigée", avec Jacques Gamblin et Elsa Zylberstein, puis en 2001 la comédie romantique "Mademoiselle" avec Sandrine Bonnaire. En 2004, "L'équipier" avec Philippe Thoretton et Gregori Bérangère raconte l'affrontement de deux gardiens de phare sur fond de secret de famille et de Guerre d'Algérie.

L'histoire : A son retour de Barcelone où elle était en vacances, Lili, 19 ans, apprend que son frère jumeau Loïc a disparu après une violente dispute avec son père. Elle lui laisse des messages sur son portable, interroge ses amis, en vain.

Persuadée que ce silence cache un drame, elle se laisse dépérir et est internée en hôpital psychiatrique. Ce n'est que quand elle reçoit une carte de son frère postée de province qu'elle accepte de se réalimenter. Mais l'absence et le mystère l'empêchent de vivre sa vie : elle abandonne son BTS, quitte le domicile de ses parents, refuse les rencontres possibles.

La critique : Dans la zone résidentielle de Vigneux au pied des tours HLM, le pavillon familial, c'est le Truman Show, observe Lili. D'ailleurs, au début, on a l'impression de voir une tragédienne se débattre dans un univers de sitcom, tant nous sommes dans le stéréotype ; à commencer par le personnage du père, joué par Kad Mérad (le Kad de Kad et Olivier) en plein coming out dramatique, victime du syndrome Tchao Pantin.

Et puis très vite, cette impression s'estompe et on sent que le conformisme petit-bourgeois des parents, même poussé jusqu'à la caricature, et souligné par la virulence des cartes de Loïc, est un des ressorts du mystère qui enveloppe sa disparition.

Jusqu'au bout, on ne sait pas trop dans quel genre de film on est : thriller, drame psychologique, chronique intimiste. Ce qui est sûr, c'est que l'ensemble est structuré par une tension permanente, celle qui habite Lili et qui fait que comme pour elle, à de menus indices, on se dit que ce qui nous est donné à voir n'est qu'une représentation partielle de la réalité.

Comme dans "L'Equipier", son précédent film déjà très réussi, Philippe Lioret aime dépeindre les rituels de la vie de famille qui par leur normalité permettent tous les dérapages, tous les éclats qui dévoilent les lourds secrets dans lequel se débattent ses personnages.

C'est peu dire que la crédibilité de cette adapatation du roman d'Olivier Adam repose sur les frêles épaules de Mélanie Laurent, aérienne et grave, constamment juste dans les différentes étapes de ce chemin de croix qui la voit passer du désespoir le plus profond à l'acceptation de s'envisager à nouveau un futur, jusqu'au dernier coup de théâtre.

Comparé à "Quand j'étais Chanteur", qui concourt dans la même catégorie de l'émotion, ce qui fait la différence c'est la grosseur des ficelles. Apparentes et omniprésentes dans le film de Giannoli, elles se font oublier dans celui de Lioret, même si à bien y regarder, dialogues et constructions narratives sont très travaillés. Et c'est bien une des grâces du cinéma que de rendre fluide et naturel des phrases écrites, réécrites et mille fois modifiées. Sur ce plan comme sur bien d'autres, "Je vais bien, ne t'en fais pas" est une des plus belles réussites de cette rentrée.

Cluny

par Cluny publié dans : critiques de septembre 2006
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Commentaires

Je viens de lire ton article et je suis complètement en désaccord avec toi surtout sur les grosses ficelles que tu as déniché dans le film de Xavier Giannoli "Quand j'étais chanteur".
Le dernier film de Philippe Lioret est, selon moi, une oeuvre intimiste qui n'arrive pas à assumer ce genre dans lequel il se trouve. Faute de moyens inventifs, faute de subtilité et surtout faute évidente d'inspiration. Le film de Lioret (comme dans tous ses films) est emprunt d'un air de déjà-vu, quelque chose qui oscillerait entre le temps des amours et celui de la famille. Lioret est bon metteur en scène mais son problème réside dans sa trop grande gentillesse de cinéaste. Ses films sont trop classiques pour être pris au sérieux, trop léger pour que l'on puisse s'y intéresser, trop banal pour que l'on puisse s'en souvenir. Lorsque l'on sort d'une projection d'un film de Lioret, on sourit mais on a cette désagréable impression de s'être fait avoir, d'avoir perdu un temps fou, celui d'un "yes man" qui n'arrive pas à se démarquer de son étiquette de bon artisan, bon écolier, bon élève...une certaine France assez vieillotte sans grande originalité.
Lorsque tu compares "Je vais bien, ne t'en fais pas" à "Quand j'étais chanteur", tu frappe dans le mille. Tous deux présentent la réalité des sentiments. Mais Lioret peint un tableau grâce à des cases numérotées alors que Giannoli plonge la tête dans une création quasi casse-gueule car ancré dans un genre complexe : le réalisme social. Et pour ma part, je trouve qu'il s'en sort bien car il respecte ses personnages et surtout respecte son public en lui proposant un point de vue doux, génial et inventif.
commentaire n° : 1 posté par : samir (site web) le: 20/09/2006 19:08:39

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