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Lundi 21 août 2006

Film français de Claire Simon

Interprètes : Camille Varenne (Livia), Gilbert Melki (Jean Susini), Kader Mohamed (Moisi)

Durée : 1 h 51

Note : 4/10

En deux mots : Une ado rebelle tombe amoureuse d'un pompier et va jusqu'au bout pour se l'approprier. Décousu.

Le réalisateur : Né en 1955 au Maroc, suit des études d'éthnologie, d'arabe et de bérbère. Elle devient d'abord monteuse, avant de tourner des documentaires : "Scènes de ménage" (1991), "Récréations" (1992) et "Coûte que coûte" (1995). En 1997, elle tourne sa première oeuvre "Sinon oui", inspirée d'un fait réeel, celui d'une femme qui s'invente une grossesse.

L'histoire : Au début de l'été en Provence, Livia, 15 ans, vit avec sa femme et la maîtresse de celle-ci. Un jour, elle fait une chute de cheval lors d'une ballade, et elle est secouru par Jean, un pompier volontaire marié et père de famille. Traînant son ennui à cheval, en scooter ou à pied, elle tourne autour de Jean, qui ne la repousse pas franchement.

La critique :  On l’a compris, ce qui brûle, c’est davantage le cœur de Livia que la forêt provençale qui se consumera pourtant. Donc, nous voilà avec un nouveau film sur le malaise adolescent, avec la découverte de l’amour, passant aussi bien par le romantisme jusqu’au-boutiste de sa passion pour Jean, que par les questions crues qu’elle pose à sa copine qui a couché ou encore la séance d’entraînement au french kiss avec Amanda et Moisi. De l’adolescence, on retrouve aussi l’instabilité des émotions, incarnées par Livia qui passe de l’impassibilité à la provocation en un rien de temps, ainsi que la recherche du danger qui conduit à monter à trois sur un scooter ou à jouer littéralement avec le feu…

Claire Simon, documentariste d’origine, a décidé de filmer cette trajectoire incandescente d’une façon se voulant la plus réaliste possible, avec une caméra au plus prêt de ses personnages (c’est Claire Simon qui est au cadre), isolant un détail pour faire oublier l’ensemble, et avec un montage qui ne respecte pas les règles de raccord les plus élémentaires, maniant l’ellipse autant que la redondance. Mais paradoxalement, ce souci de «faire vrai» sonne faux, et sent très fort le procédé ; même une chaîne câblée refuserait un documentaire aussi parkinsonien.

Autre choix de réalisme qui ne fonctionne pas, celui d’acteurs non professionnels (à l’exception de Gilbert Melki, qui semble un peu perdu dans cette histoire qui tourne par moments à un nouvel épisode d’Harlequin…). Pas ou mal dirigés, adolescents et adultes traînent leurs personnages sans grande conviction, avec une articulation approximative rendu encore plus inaudible par une prise de son godardienne.

Se voulant formellement audacieux, «Ca brûle» raconte une histoire finalement bien convenue, pleine de clichés et somme toute ennuyeuse. Reste la façon de filmer l’incendie, où le désordre de la réalisation rentre en résonance avec le chaos subi par les habitants et les soldats du feu, et où le sentiment de désorientation du spectateur prend enfin un sens.

Cluny

par Cluny publié dans : critiques de juillet-août 2006
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