Les critiques clunysiennes
.....
Amateur de cinéma depuis plus de trente ans, je vais en moyenne deux fois par semaine dans les salles obscures. Je vous propose depuis décembre 2005 mes critiques
clunysiennes sur ce blog. Comme toutes critiques, elles sont subjectives, et elles mêmes susceptibles d’être critiquées. Contrairement aux critiques professionnels, n’étant pas masochiste, je ne
vais voir que des films que je pense aimer. M'étant frotté moi-même à la réalisation, je sais que ce chaque film représente d'investissements et d'espoirs individuels et collectifs, et je prends
plus de plaisir à encenser un film qu'à le descendre.
Film français de Jean-Martial Lefranc
Interprètes : Bob Meyer, Ashwin Reinhardt, Benoît Basset, Antoine Michel
Durée : 1 h 40
Note : 3/10 En deux mots : Al Qeada manipulé par des généraux pakistanais veut faire exploser une bombe atomique dans Paris. Cheap, mal foutu, et finalement bien ennuyeux. Le réalisateur : Après avoir été éditeur de bandes dessinées et de jeux vidéo (à la tête de Cryo Interactive), puis distributeur et producteur, Jean-Martial Lefranc passe à la réalisation avec ce film. L'histoire : Pendant que les banlieues fançaises s'embrasent, un ancien contestataire des campus américains vend 15 kilos d'uranium à des terroristes, à condition de s'en servir ailleurs qu'aux Etats-Unis. Un groupe de généraux pakistanais proches des islamistes profite du trafic de drogue orchestré par le président pro-américain pour le destituer. A Hambourg, des fondamentalistes de retour d'Afghanistan bricolent une bombe atomique, alors que la CIA découvre que deux ogives nucléaires ont disparu de l'arsenal pakistanais. La critique : A lire le synopsis, on se dit que voilà enfin un premier film français qui sort du lot habituel des comédies ou des drames psychologiques néochabroliens. Al Qaeda, les filières islamistes dans les banlieues, les états terroristes et la menace nucléaire, voilà un sujet qu'on ne trouve d'habitude que dans le cinéma américain. Las ! Seul le sujet mérite un peu d'intérêt, car tout le reste est raté : le scénario, à la fois confus dans la forme et simpliste dans le propos, plus proche de Bob Morane ou de Tom Clancy que du "Monde Diplomatique" ; la réalisation, qui tente de masquer le budget anémique par des trucs cheap : fausse webcam, caméra tréssautante et cadre non éclairé à faire passer un film du Dogme pour un héritier d'Eisenstien, recyclage d'images documentaires, trucages numériques dignes de Pinnacle Studio. Mais le pire est sans doute le jeu des acteurs : casting au rabais ou absence de direction, les dialogues déjà très clichés sonnent encore plus faux. Et tout cela filmé à la MJC du coin censée représenter indistinctement le QG de la police secrète pakistanaise, une base russe à Mourmansk ou le Quai des Orfèvres. Ed Wood filmait déjà l'invasion des Martiens dans son garage, mais il y avait une poésie désuète que Tim Burton a mis en exergue. Là, pas une once de distanciation, pas un gramme de second degré. Au contraire, des dialogues pontifiants qui tentent de masquer le vide, et qui rendent ce pensum bien longuet. Au fur et à mesure qu'on lâche prise, la question qui nous taraude n'est pas : où et quand va exploser la bombe, mais comment un tel objet filmique a pu arriver dans les salles ? Cluny
| Octobre 2008 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||||||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | ||||
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | ||||
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | ||||
| 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | ||||||
|
||||||||||