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Samedi 27 juin 2009
Film américain de Kevin Macdonald

Titre original :
State of Play

Interprètes : Russel Crowe (Cal MacCaffrey), Ben Affleck (Stephen Collins), Rachel McAdams (Della Frye), Helen Mirren (Cameron Lynne)



Durée : 2 h 07

Note :  6,5/10

En deux mots : Thriller efficace mais sans surprise sur fond de scandale sexuel, de corruption et de liens entre presse et pouvoir.

Le réalisateur : Né en 1967 à Glasgow, Kevin Macdonald est le fils du réalisateur d'origine hongroise Emeric Pressburger. C'est d'ailleurs par un documentaire sur son père "The Life and Death of a Screenwriter " qu'il a commencé en 1994 la réalisation. Il tourne plusieurs documentaires, dont "Un jour en septembre" (1999) sur la prise d'otage de Munich. Son premier film de fiction est "La Mort suspendue" (2004), sur une cordée britannique dans les Andes. Il rencontre le succès en 2007 avec "Le dernier Roi d'Ecosse", sur Amin Dada.

Le sujet : Journaliste au "Washington Globe", Cal MacCaffrey enquête sur le meurtre d'un petit voyou et la tentative de meurtre sur un témoin, quand il apprend que son ancien colocataire, le député Stephen Collins, est éclaboussé par la révélation de sa liaison avec son assistante après que celle-ci ait été poussée sous un métro. Sa jeune confrère Della Frye, chargée de suivre ce scandale, cherche à obtenir de lui des informations sur le député. D'abord opposé à toute collaboration avec celle qu'il prend pour une arriviste, Cal accepte quand il découvre que son affaire et la sienne ne font qu'une.

La critique : "Jeux de Pouvoir" est une adaptation de la série britannique du même nom, et le réalisateur ainsi qu'Helen Mirren qui joue le rôle de la rédactrice en chef viennent tous deux du Royaume-Uni. Cependant, tout dans le scénario et la réalisation évoque les Etats-Unis : les plans d'ouverture nous montrant le Capitole et les bords du Potomac, la commission parlementaire, jusqu'au bâtiment du Watergate qui reprend du service. Quant au Washington Globe où officient Cal et Della, il suffit de regarder la calligraphie gothique de son titre pour comprendre qu'il s'agit du Washington Post, celui des "Hommes du Président".

Pourtant, nous ne sommes visiblement plus dans les années 70, comme le montre l'intégration au coeur du scénario d'un scandale politico-sexuel avec conférence de presse en présence du mari repenti et de l'épouse bafouée comme en raffolent les Américains, de l'affaire Levinski aux scandales Spitzer ou Sandford. De même, le quatrième pouvoir a un peu perdu de sa superbe, rabotée par les aléas de la modernité : rachat du journal par de nouveaux actionnaires plus préoccupés de l'équilibre des comptes que du triomphe de la vérité,
concurrence interne des blogueurs du journal qui poussent vers la sortie les dinosaures de l'enquête à l'ancienne.

Dans sa Saab 1990 (Pourquoi dès qu'un personnage d'un film US doit montrer sa singularité, les scénaristes l'affublent d'une européenne vintage ?), cheveux longs seventies et bedaine de quinqua, Russel Crowe incarne avec conviction ce survivant du journalisme inquisitorial de la belle époque, dont la connaissance de tous les flics du MPD permet d'avoir accès aux infos avant tout le monde. En contrepoint, Ben Affleck joue un politicien lisse aux idées progressistes et au comportement personnel ambigu. La fadeur de son jeu, presque dérangeante au début, prend son sens au fur et à mesure que progresse l'intrigue.

La mécanique narrative bien huilée alterne les différents niveaux du récit : scandale politique, complot militaro-industriel, concurrence journalistique et affaires de coeurs mal résolues, certainement la partie la plus convenue et la moins convaincante. Il y a un rythme indéniable, des personnages qui ont du corps, comme la rédac chef jouée par une Helen Mirren jurant comme un charretier ou la jeune journaliste coincée entre éthique et ambition. Pourtant, la multiplication des fausses pistes et quelques erreurs de tonalité (la scène de la confession filmée à l'hôtel) finissent par lasser, et on se dit une fois encore que 127 minutes, c'est quand même bien long.

La notation dans ces colonnes de "Jeux de Pouvoir" souffre du temps que j'ai mis à rédiger la critique, baissant d'un demi point chaque jour depuis que je l'ai vu, préfigurant l'oubli rapide de ce film de début d'été, habile et rythmé mais sans relief notable ni scène mémorable.

Cluny

Par Cluny - Publié dans : critiques de juin 2009 - Communauté : Cinéma
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