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Lundi 17 juillet 2006

Film américain de Bryan Singer

 

Interprètes : Brandon Routh (Clark Kent/Superman), Kate Bosworth (Loïs Lane), Kevin Spacey (Lex Luthor), James Mardsen (Richard White)

 

Durée : 2 h 34

 

 

 

Note : 6,5/10

 

En deux mots : Superman revient, filmé par le réalisateur de X-Men. Un bon début, nerveux et satirique, mais malheureusement l’ensemble est bien longuet.

 

Le réalisateur : Né en 1965 à New York, Bryan Singer réalise ses premier films en super 8 à l’adolescence. En 1993, il tourne son premier long métrage , « Public Access », un thriller qui lui vaut le Grand Prix au festival de Sundance. En 1995, il connaît un succès planétaire avec « Usual Suspect ». En 1998, il adapte une nouvelle de Stephen King, « Un élève doué », qui fait un flop. Il renoue avec le succès en 2002 avec « X-Men », dont il signe la suite en 2005.

 

L’histoire : Parti durant cinq ans pour assister impuissant à la destruction de sa planète, Superman revient sur Terre. Entre temps, Lex Luthor a été libéré, grâce à l’absence du super héros à son procès, tandis que Loïs Lane a eu le prix Pulitzer et un enfant de Richard, le neveu du patron du Daily Planet.

Après avoir escroqué l’héritage d’une richissime vieille dame, Lex Luthor réussit à s’emparer des cristaux extraterrestres nécessaires à son plan mégalomaniaque et meurtrier. Quant à Superman, il découvre que Loïs malgré ses dénégations conserve un sentiment pour lui, et que son fils a de bien étranges pouvoirs.

 

La critique : « Superman Returns » commence là où s’achevait « Superman 2 », l’absence scénaristique de cinq ans se superposant à la latence de vingt-six ans (le deuxième opus datant de 1980) ; pendant ce temps là, Hollywood a fait sa révolution numérique, et les super héros ont pullulé sur les écrans américains. Alors, la première question est de savoir quelle est l’utilité d’un tel film ? Tim Burton puis J.J. Adams avaient développé des projets de sequels avant de les abandonner, et c’est finalement Bryan Singer qui a obtenu carte blanche et un budget de 250 millions de dollars.

La réponse à la question de l’utilité d’un tel projet semble se dessiner dans la première demi-heure du film, constitué d’une suite de scènes d’exposition assez brillantes, avec un ton sarcastique proche du Tim Burton de « Charlie et la Chocolaterie », rapprochement renforcé par une esthétique un peu gothique et la musique  de John Ottman qui évoque celle de Danny Elfman.

Lex Luthor, interprété par un Kevin Spacey qui se régale visiblement dans ce rôle de méchant archétypal, expérimente pour la première fois la puissance destructrice de ses cristaux dans un décor de train électrique géant, et le cataclysme commence par ravager ces maquettes d’une Amérique heureuse avec la rage iconoclaste d’un Gremlin ; peut-être peut on y voir aussi un hommage aux effets spéciaux pré numériques des premiers « Superman ».

Cet humour potache se focalise sur les chiens, celui du jeune Superman et ceux de la compagne de Luthor, et on se dit avec W.C. Field que quelqu’un qui n’aime ni les enfants ni les animaux ne peut être foncièrement mauvais.

Las, ces belles promesses ne sont pas confirmées par la suite, et le film finit par s’enliser dans les clichés du genre et une débauche d’effets numériques étrangement compensés par un choix de cadres abusant du grand angle et de la steadycam. Brandon Routh, dont la qualité essentielle doit être sa ressemblance avec Christopher Reeves ne semble jamais remis de son jet lag de cinq ans et l’intrigue navigue mollement des scènes d’action à la bluette sentimentale.

Film-hommage (Eva Marie-Saint, l’héroïne hitchcokienne de « La Mort aux trousses » joue le rôle de la mère adoptive du (super)héros, et même Marlon Brando est convoqué deux ans après sa mort pour jouer le père de Superman grâce à des images du film de Richard Donner), « Superman Returns » vaut surtout comme témoignage des traumatismes de l’Amérique : le premier acte de bravoure du revenant de l’espace consiste à empêcher un nouvel accident de navette spatiale, et comme dans « La Guerre des Mondes », les évocations du 11 septembre sont légion, depuis l’évacuation dans la panique du building du Daily Planet menacé d’effondrement jusqu’à la chute du corps de Superman le long d’une falaise, filmé selon le même angle que celle des corps pirouettant dans le vide le long du World Trade Center.

Cluny

 

 

 

par Cluny publié dans : critiques de juillet-août 2006
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