Les critiques clunysiennes
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Amateur de cinéma depuis plus de trente ans, je vais en moyenne deux fois par semaine dans les salles obscures. Je vous propose depuis décembre 2005 mes critiques
clunysiennes sur ce blog. Comme toutes critiques, elles sont subjectives, et elles mêmes susceptibles d’être critiquées. Contrairement aux critiques professionnels, n’étant pas masochiste, je ne
vais voir que des films que je pense aimer. M'étant frotté moi-même à la réalisation, je sais que ce chaque film représente d'investissements et d'espoirs individuels et collectifs, et je prends
plus de plaisir à encenser un film qu'à le descendre.
Film français de Patrice Leconte
Interprètes : Josiane Balasko (Nathalie), Michel Blanc (Jean-Claude, dit Jessie), M.-A. Chazel (Gigi), Christian Clavier (Jérôme), Gérard Jugnot (Bernard), Thierry Lhermitte (Robert, dit Popeye).
Durée : 1 h 35
Note : 6/10
En deux mots : 27 ans après, les mêmes en pire, dit la publicité. En effet ce sont les mêmes, et ils ne sont pires que parce qu’un vieux con est peut-être plus impardonnable qu’un jeune con.
On rie, mais on aurait pu attendre un peu plus de férocité.
Le Réalisateur : Né en 1947, Patrice Leconte a un parcours classique : IDHEC, «Cahiers du cinéma» puis courts-métrages. Il réalise son premier long-métrage en 1975 «Les vécés étaient fermés de l’intérieur». En 1977 il adapte à l’écran le spectacle du Splendid, «Amour, coquillages et crustacés», qui devient «Les Bronzés», suivi en 1979 par «Les Bronzés font du ski». Il tourne ensuite une série de comédies («Viens chez moi, j’habite chez une copine», en 1980, «Ma femme s’appelle reviens» en 1981), avant de changer de registre avec des films plus ambitieux : «Tandem» en 1987, «Monsieur Hire» en 1989 et «Le Mari de la Coiffeuse» en 1990.
Il alterne succès et échecs commerciaux au rythme d’un film par an ; retenons «Ridicule» (1995), «La Fille sur le pont» (1998) ou «L’Homme du train» (2002)
La critique : Popeye est marié à la propriétaire d’un hôtel-club en Sardaigne (Ornella Mutti). Parce que vingt ans avant, ils ont chacun investi 500 Francs, les bronzés s’y invitent chaque été.
Jérôme, suite à une opération de chirurgie esthétique ratée dont a été victime Sylviane (Dominique Lavanant), a été radié du Conseil de l’Ordre et va de procès perdus en appels rejetés. Bernard et Nathalie sont toujours aussi odieux, fiers de leurs trois boutiques de lunetterie «Plein la vue» dans le Pas-de-Calais, jusqu’à ce que leur fils les rejoigne à l’hôtel pour faire son coming-out.
Gigi, séparée depuis dix ans de Jérôme, s’est fait remodeler une poitrine XXL aux Etats-Unis où elle a retrouvé Jean-Claude Dus qui a fait fortune dans la «swatch capillaire», un concept de perruques assorties à vos tenues…
L’intrigue a peu d’importance : mis au pied du mur par sa femme, Popeye doit annoncer à ses amis qu’il leur faut maintenant payer leur séjour. Jérôme n’a pas désespéré de récupérer Gigi, et doit faire face à Sylviane qui prétend venir se réconcilier avec lui. Quant à Bernard, son homophobie révélée lors de l’annonce du pacs de son fils lui déclenche «un syndrome de Noirmoutiers», qui se traduit par des troubles de la locution et de la locomotion, donnant à Gérard Jugnot l’occasion d’un numéro hilarant.
Les revoilà donc, vingt-sept ans après… Ils portent les marques physiques de ce vieillissement, que ce soit dans l’avachissement (Bernard et Nathalie), ou dans la lutte pathétique, par la chirurgie (Gigi) ou la musculation (Jessie).
Ils sont toujours aussi ridicules, peut-être même un peu plus, car s’ils continuent à faire tache, cette fois leur environnement ne se gêne pas de leur faire savoir. Ils ne sont préoccupés que de cul et d’argent, celui qu’ils ont eu et ont perdu, celui qui leur manque, celui qu’ils espèrent économiser…
On rie, et souvent on rie franchement, même si ce n’est pas toujours dans la finesse, et même si parfois on ne rie pas là où c’était attendu.
«Les Bronzé 3» sont fidèles aux deux premiers opus, trop sans doute. Outre un besoin de citation parfois lourdingue, le recours au même type d’humour nous laisse un peu sur notre faim, car on aurait aimé retrouver de la finesse qu’ils ont été capables de développer depuis dans leurs œuvres « solistes », particulièrement Michel Blanc et Gérard Jugnot.
On est plus près de l’humour des «Visiteurs» que de celui de «Grosse fatigue» ou d’ «Une époque formidable», à l’exception du gag final, particulièrement bien vu. Le rythme est inégal, et ça a notamment du mal à démarrer. Mais par rapport aux craintes exprimées dans l’attente de leur sortie, ces «Bronzés 3» sont promis au succès populaire, et ce sera somme toute plutôt mérité.
Cluny
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