Titre original : Colour me Kubrick
Film anglais de Brian Cook
Interprètes : John Malkovitch (Alan Conway) Jim Davidson (Lee Pratt), Marc Warren (Hud).
Durée : 1 h 27

Note : 4/10
En deux mots : Un imposteur homosexuel se fait passer pour Stanley Kubrick à Londres dans les années 90. Entre la «Cage aux Folles» et «Benny Hill», c’est dire
combien c’est léger !
Le Réalisateur : De nationalité britannique, Brian W. Cook a été assistant réalisateur dans des dizaines de films depuis les années 70. Il a notamment secondé Stanley Kubrick
dans «Barry Lyndon», «Shining» et «Eyes Wide Shut».
«Appelez-moi Kubrick» est son premier film.
La critique : Les cinéphiles placent Stanley Kubrick parmi les plus grands réalisateurs de l’histoire du cinéma. Bien que New-Yorkais, il a vécu en Angleterre les trente
dernières années de sa vie, cultivant le mystère tant sur sa vie privée que sur ses projets professionnels.
Malgré sa méconnaissance du cinéma, Alan Conway profite de ce mystère pour usurper l’identité du réalisateur et extorquer des petits sommes auprès de minables : styliste débutant, managers d’un
groupe de heavy metal, pharmacien du quartier… Accessoirement, il se sert aussi de sa fausse identité comme instrument de séduction auprès de jeunes hommes.
Vite repéré par la police, il peut continuer ses combines, ses victimes n’osant pas assumer le ridicule de leur situation. Mais quand il se lance dans une escroquerie de plus grande envergure, il
ne peut échapper à la justice qu’en simulant la folie.
Quel beau sujet, et quel piètre traitement.
Quand on évoque un film récent sur un sujet proche, «Cours après moi que je t’attrape», la comparaison est accablante. Là où Spielberg (grand admirateur de Kubrick, dont il a réalisé le
dernier projet, «A.I.») mettait en scène la plasticité de Di Caprio de façon virevoltante, Brian Cook filme avec platitude le jeu éléphantesque de Malkovitch, qui donne le là à des
comédiens échappés de chez Benny Hill...
Alors qu’il y avait la place pour proposer une comédie grinçante, nous n’assistons qu’à une suite de sketchs répétitifs où la seule variation réside dans la garde-robe d’Alan Conway.
Bien qu’il ait été son assistant sur trois films, Brian Cook semble être aussi ignorant de l’œuvre de Kubrick que son personnage principal. Et mise à part deux loubards coiffés du chapeau melon
des drougs d’Alex, la seule réelle citation se trouve dans la musique tirée de «2001», «Orange mécanique» ou «Shining». Mais là où elle s’intégrait pleinement à la
narration chez Kubrick, elle n’est ici qu’une évocation plaquée et sans rapport avec l’action, si tant est que l’on puisse parler d’action.
Bref, on s’ennuie ferme, et la gêne vient s’installer progressivement devant un tel mauvais goût et une telle absence de talent ; l’escroquerie n’est pas que devant la caméra…
Cluny