Les critiques clunysiennes
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Amateur de cinéma depuis plus de trente ans, je vais en moyenne deux fois par semaine dans les salles obscures. Je vous propose depuis décembre 2005 mes critiques
clunysiennes sur ce blog. Comme toutes critiques, elles sont subjectives, et elles mêmes susceptibles d’être critiquées. Contrairement aux critiques professionnels, n’étant pas masochiste, je ne
vais voir que des films que je pense aimer. M'étant frotté moi-même à la réalisation, je sais que ce chaque film représente d'investissements et d'espoirs individuels et collectifs, et je prends
plus de plaisir à encenser un film qu'à le descendre.
Note : 6,5/10
En deux mots : L’histoire du combat du présentateur vedette de CBS Ed Murrow contre le sénateur McCarthy. Film historique et parabole politique, ce deuxième film de Clooney
souffre malheureusement d'une certaine sécheresse et d'une narration parfois confuse.
Le Réalisateur : Fils d’un animateur de talk-show et neveu du comédien Mel Ferrer, George Clooney est né en 1961. Surtout connu comme acteur, il a été révélé par son rôle de Doug
Ross dans la série Urgences. Il a tourné avec Steven Soderergh, Terrence Malick ou les frères Cohen. En 2002, il réalise son premier film, «Confessions of a Dangerous Mind», l’histoire
de la double vie d’un présentateur de jeu télévisé tueur à gages.
La critique : «Good Night and good Luck», telle était la formule rituelle employée par Ed Murrow à la fin de ses chroniques sur CBS dans les années cinquante.
Présentateur vedette de la chaîne, il en avait été le correspondant à Londres pendant la guerre, et il était un des pionniers de la télévision.
Entouré de son équipe de fidèles, bénéficiant de la confiance de ses dirigeants, il doit affronter la campagne du tristement célèbre sénateur McCarthy. Obligé comme tous les Américains employés à
des postes de responsabilité de jurer n’avoir jamais approché les communistes, Ed Murrow rentre en résistance contre cette chasse aux sorcières en diffusant un reportage sur un lieutenant chassé
sans jugement de l’U.S. Air Force.
Puis il s’attaque de front à McCarthy, présentant un montage des pires déclarations du sénateur du Wisconsin. Malgré la contre-attaque de ce dernier, l’émission de Murrow sonne le réveil des
médias qui précipitera sa chute.
Mais cet victoire aura un coût : la déprogrammation de son émission, et le suicide d’un de ses poulains, attaqué par la presse ultraconservatrice.
Inutile de s’interroger longtemps sur les raisons qui ont poussé Georges Clooney à écrire et à réaliser ce film. En première ligne contre l’intervention américaine en Irak, il a dû subir les
attaques de la droite belliciste.
«J’ai grandi dans les coulisses des médias, dit-il, et ce dont je suis le plus fier dans mon pays, c’est de la liberté d’expression. La perte des libertés civiques acquises pendant
trente ans est une catastrophe.»
Tourné dans un superbe noir et blanc, «Good Night and good Luck» s’inscrit dans la tradition des grands films politiques américains : « M.Smith goes to Washington » de Franck
Capra, «Tempête à Washington» d’Otto Preminger ou «Les Hommes du Président» d’Alan Pakula.
Malheureusement, la générosité du propos ne se retrouve pas dans l’écriture du film. Le contexte historique n’est pas suffisamment (re)situé et de nombreuses ellipses rendent la compréhension
difficile pour un spectateur français. La présence de nombreux passages d’archives renforce le côté documentaire du film, et la caractérisation des personnages est insuffisante pour permettre de
s’attacher à eux.
Et suivre les dialogues de ce film assez bavard avec dans la salle deux grognasses discutant pendant une heure et demie et grignotant leur pop-corn pestilentiel (séance de 14 h 40 à l’UGC
Maillot, elles se reconnaîtront) demande une concentration épuisante...
Cluny
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