Interprètes : Djamel Debbouze (André Moussa), Rie Rasmussen (Angela), Gilbert Melki (Franck), Serge Riaboukine (Pedro)
Durée : 1 h 58

Note : 6/10
En deux mots : Se voulant à la fois comédie romantique et conte philosophique, « Angel-A » est l’histoire de quelqu'un qui ne s'aime pas et qui va apprendre à s'aimer avec l’aide d’un ange. Malgré une très belle photographie et un talent de réalisation indéniable, la mayonnaise ne prend pas.
Le Réalisateur : Né en 1959, Luc Besson réalise son premier film en 1983, « Le dernier combat ». Il rencontre un premier succès avec « Sub way » en 1985. « Le Grand Bleu » (1988) est vu par 9 millions de spectateurs, et devient le film d’une génération. Il enchaîne d’autres succès : « Nikita » (1990), « Léon » (1994), « Le cinquième élément » (1997) et « Jeanne d’Arc » (1999).
Il devient aussi producteur de films grand public : la série des « Taxi », « Le baiser mortel du dragon », « Banlieue 13 », mais aussi des films d’auteurs, comme « Trois enterrements », de Tommy Lee Jones ou « Ne pas avaler », de Gary Oldman.
Luc Besson a toujours dit qu’il ne tournerait que dix films. Comme il a déjà fini le tournage de «Arthur et les minimoys » (Sortie prévue fin 2006), "Angel-A" devrait être son dixième et dernier film.
La critique : André est un petit escroc mythomane et malheureux. Ayant gagné une green card à la loterie, il se dit américain, prétend avoir un duplex à New York et des affaires en Argentine, mais c’est bien Paris qu’il arpente pour échapper aux petites frappes et aux gros durs qui veulent lui faire rembourser ses dettes.
Au moment où il s’apprête à se jeter dans la Seine, une grande pétasse blonde (c’est dans le scénario !) saute avant lui, et par réflexe, il la sauve. Elle lui promet alors de faire tout ce qu’il lui demandera.
Elle s’appelle Angela, et l’on va vite découvrir que cela peut aussi s’écrire comme le titre du film : Angel-A. Elle a des anges les pouvoirs de divination et de persuasion, plus une droite ravageuse. Entraînant André dans une errance nocturne, elle va lui servir de coach, et lui révéler qu’avant d’espérer se faire accepter par les autres, il faut commencer par s’aimer soi-même.
C’est un Besson. Indubitablement.
Un peu comme l’affiche de Virgin, on peut jouer à retrouver pêle-mêle les ingrédients de ses précédents films : le noir et blanc du « Dernier combat », les bas-fonds de « Sub way », la Mathilda de « Leon » grandie trop vite (jusqu’à ses « OK » et ses « cool ! »), les personnages dézingués du « Cinquième élément », et même l’humour éléphantesque des dialogues de « Taxi »…
La photographie de Thierry Arbogast, son complice depuis « Nikita », est superbe. Besson a filmé un Paris rêvé, sans habitants ni voiture, un Paris d’un petit matin d’août.
Il maîtrise toujours autant le cadrage et la dynamique du montage, et certaines scènes sont particulièrement réussies.
Mais tout cela n’est pas suffisant pour sauver un scénario plein de bons sentiments, avec un message qu’on croirait tiré d’un séminaire de communication pour cadres de Jacques Salomé… Tout cela en fait un film très bavard, et la tchache de Djamel conjuguée au français phonétique du mannequin Rie Rasmussen amènent rapidement le spectateur à décrocher.
Quand on se rappelle que Luc Besson s’est limité à dix films, il est dommage que celui qui est malgré tout un des cinéastes les plus intéressants de sa génération, ait ainsi dilapidé une de ses cartes dans un film si creux.
Cluny
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