Pages vues


FreeCompteur Live

Recherche

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Syndication

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
Samedi 21 janvier 2006

Titre original : «Pride and Prejudice»
Film anglais de Joe Wright
Interprètes :
Keira Knightley (Elizabeth Bennet), Matthew MacFadyen (Darcy), Brenda Blethyn (Mrs Bennet), Donald Sutherland (Mr Bennet).
Durée : 2 h 05

Orgueil.jpg

Note : 8/10
En deux mots : Adaptation élégante et enlevée du roman de Jane Austen, ce film met en scène une pléiade d’excellents acteurs, emmenés par Keira Knightley, éblouissante.

Le Réalisateur : Joe Wright étudie les beaux-arts et la vidéo au Camberwell College of Arts et au Central Saint Martins College of Art and Design. Il réalise plusieurs miniséries télévisées, et obtient le BAFTA de la meilleur série dramatique en 2004 pour «Charles II: The Power and the Passion». Il a également réalisé plusieurs courts-métrages. «Pride and Prejudice» est son premier film.

La critique : Mme Bennet (Brenda Blethyn, la Cynthia de «Vérités et Mensonges») règne en mère-poule sur sa basse-cour de cinq filles, quatre dindes et un cygne… Sa préoccupation essentielle, et celle de quatre demoiselles Bennet, consiste à réussir à leur trouver un mari.
M. Bennet, patriarche bougon et désinvolte, est lui plus préoccupé par l’état de son cheptel.

La cinquième fille, Elizabeth, adore sillonner les paysages de la campagne anglaise de cette fin du XVIII° siècle. Elle a son franc-parler, et jette un regard à la fois amusé et réprobateur sur les savantes manoeuvres de sa mère.

Alors, quand M. Bingley et ses 5 000 livres de rentes annuelles vient prendre villégiature à proximité, Mme Bennet déploie tous ses talents pour précipiter sa fille aînée dans ses bras, avec d’abord un certain succès.

Elizabeth, elle, s’intéresse à M. Darcy, l’ami de M. Bingley.
Pourtant, lui est aussi réservé et rigide qu’elle est vive et directe, et leurs premières rencontres ne font que mettre en évidence ce qui les oppose, la sœur de M. Bingley (Kelly Reilly, garce à souhait) oeuvrant particulièrement dans ce sens.

Commence alors un chassé-croisé entre eux deux, sur fond de préjugés de classe et de malentendus, d’élans et de retraits, d’impulsion et de regrets…

Adaptation du roman de Jane Austen, «Orgueil et Préjugés» est une réussite. Par la qualité de sa réalisation tout d’abord. Pour un premier film, Joe Wright fait preuve d’une maîtrise technique, qu’il met au service de la narration. Le plan-séquence d’ouverture, qui suit Elizabeth au travers des entrelacs de la maison nous annonce la complexité des intrigues matrimoniales et le colin-maillard sentimental des deux héros.

Ou encore la scène du premier bal, filmé avec des longues focales, isolant brièvement tel ou tel personnage dans la foule et jouant brillamment de la profondeur de champ. Wright a déjà compris ce qu’est le cinéma : raconter autant avec ce qui est donné à voir qu’avec ce qui est donné à entendre.  

Par le soin apporté au contenu de l’image : on évolue au milieu de tableaux de Constable ou de Gainsborough, avec une précision de la reconstitution proche du modèle en la matière, «Barry Lyndon».

Par la qualité de la distribution : Judi Dench  (Madame Henderson) en Duchesse hautaine et tyrannique, Donald Sutherland en patriarche bienveillant, Tom Hollander, cousin britannique de Maurice Barthélémy, en clergyman ridicule venu illustrer la pensée de Jane Austen : «Pourquoi sommes-nous au monde, sinon pour amuser nos voisins et rire d'eux à notre tour ?»

Certes, Matthew MacFadyen campe un Darcy un peu transparent, plus à l’aise dans la morgue que dans les élans du cœur. Mais le film repose sur les (frêles) épaules de Keira Knightley, présente dans presque toutes les scènes.
La jeune actrice anglaise, révélée par son rôle de Jules dans «Joue-la comme Beckham», apporte son inépuisable énergie, incarnant à la perfection ce mélange de droiture et d’impertinence qui caractérise son personnage. A l'image d'une Julia Roberts, elle éclabousse le film de son rire mutin. Puisse ce rôle lui ouvrir un autre répertoire que celui où elle a été jusqu'à présent cantonnée...

Cluny

par Cluny publié dans : critiques de janvier 2006
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 19 janvier 2006

Titre original : Brokeback Mountain
Film américain de Ang Lee
Interprètes
: Heath Ledger (Ennis), Jake Gyllenhaal (Jack), Michelle Williams (Alma).
Durée : 2 h 14

http://v9.indiewire.com/ots/brokeback.jpg

Note : 7/10
En deux mots : Le cow-boy Marlboro est pédé… L’histoire de l’amour impossible entre deux cow-boys dans les années 60, filmé de façon très classique et un peu trop distancié par Ang Lee.

Le Réalisateur : Né en 1954 à Taïwan, Ang Lee a étudié le théâtre dans son pays natal avant de s’installer aux Etats-Unis en 1978. Il réalise son premier long-métrage en 1992, «Tui Shou», premier élément d’une trilogie qui sera complété par «Garçon d’honneur» (1993), puis «Salé sucré» (1994).
En 1995, il obtient l’ours d’or à Berlin pour «Raisons et sentiments». En 2000, il retrouve ses racines chinoises avec «Tigres et Dragons». Il manifeste son éclectisme en tournant «Hulk»  en 2002.

La critique : Wyoming, 1963. Jack et Ennis ne se connaissent pas quand ils sont engagés pour garder des moutons dans la montagne durant un été. Jack est brun, volubile, amateur de rodéo. Ennis est blond, taiseux, et fiancé à Alma.
Ils vont se découvrir au rythme des tâches répétitives de leur estivage ; Jack dort au campement, tandis qu’Ennis protège le troupeau de l’attaque des coyotes dans l’alpage. Jusqu’au jour où ils dorment ensemble, et que leur amour se révèle, immédiatement, physiquement, presque brutalement.

A leur redescente dans la vallée, chacun reprend sa route. Pas question d’affirmer son homosexualité dans cette société de cow-boys, frustres et virils. Ennis reste dans le Wyoming et se marie avec Alma, ils ont deux filles. Jack court les rodéos, et rencontre au Texas Lureen, la fille d’un riche marchand de matériel agricole qu’il finit par épouser.

Au bout de quatre ans, ils se retrouvent et repartent quelques jours vivre leur amour à Brokeback Moutain. Pendant vingt ans, ils répèteront ces parties de pêches dont ils reviennent toujours sans poisson…

Jack dit oui à tout le monde, à son beau-père tyrannique, à sa femme… Ennis ne sait que dire non : à Jack, à sa femme, à sa fille. Et si l’un réussit socialement alors que l’autre devient un de ces laissé-pour-compte de l’Amérique profonde, tous deux partagent la souffrance de ne pas pouvoir s’aimer au grand jour et de se voir gâcher leurs vies.

Lion d’or à Venise, vainqueur de quatre Golden Globe et favori pour les oscars, ce film est promis au succès. Longtemps interdite, puis réservée au cinéma indépendant, l’évocation de l’homosexualité est aujourd’hui suffisamment vendeuse pour attirer Hollywood.

Mais la force de ce film est justement de traiter cette histoire comme n’importe quel mélodrame romantique, au même titre que «Sur la route de Madison» ou «Ecrit sur du vent». Et la réalisation ultra classique de Ang Lee fait appel à tous les codes, non pas tant du western que du film du grand ouest, plus «Jérémiah Johnson» ou «Légendes d’Automne» que «Rio Bravo» ou «La Poursuite Infernale».

Pourtant, malgré tous ces ingrédients, on a du mal à rentrer dans leur histoire. Peut-être parce que la psychologie des personnages n’est qu’effleurée ; il faut dire qu’Ennis frise l’autisme, et qu’à côté de lui, Clint Eastwood dans ses rôles les plus taciturnes est une vraie pipelette !

Il est difficile de raconter vingt ans en deux heures. Ang Lee ne s’attarde pas sur les événements, élude plus qu’il ne fait appel à l’ellipse, il reste à distance, et le spectateur ressort avec de nombreuses questions tant sur les personnages que sur certains éléments clés de l’action.

C’est le début qui est le plus réussi. L’attente avant l’embauche, la montée vers l’alpage, la rencontre avec un ours, tout cela nous est dévoilé avec brio, par petites touches nerveuses. Malheureusement, ce rythme s’essouffle et la routine de leur vie s’impose au film lui-même.

Malgré une image superbe magnifiant les paysages des Rocheuses et une réalisation léchée, «Brokeback Moutain» laisse un goût d’inachevé et de distance que le spectateur ne se sent pas autorisé à franchir.

Cluny

par Cluny publié dans : critiques de janvier 2006
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Mardi 17 janvier 2006

Titre original : Mrs Henderson presents
Film anglais de Stephen Frears
Interprètes :
Judi Dench (Laura Henderson), Bob Hoskins (Vivian Van Damm), Kelly Reilly (Maureen), Christopher Guest (Lord Cromer).
Durée : 1 h 45

 MrsHenderson.jpg    

Note : 8/10
En deux mots : Croisement improbable de Miss Marple et de la vieille dame indigne, Madame Henderson devenue veuve s’offre un théâtre. Elle s’oppose à son directeur, impose les femmes nues et en fait un élément de résistance au Blitz. Typically british, et très réussi.

Le Réalisateur : Né en 1941 à Leicester, Stephen Frears réalise son premier film, «Gumshoe», en 1971. Entre 1985 et 1987, le réalisateur signe trois films très virulents inspirés par la déliquescence de la société britannique : «My Beautiful Laudrette», «Prick up», et  «Samy et Rosy s’envoient en l’air».
A partir de 1988 («Les liaisons dangereuses»), il alterne les réalisations des deux côtés de l’Altantique : «Les Arnaqueurs», «Mary Reilly», «Dirty Pretty Things».

La critique :
Madame Henderson a 70 ans, dont de nombreuses passées aux Indes, quand son mari meurt, lui laissant une immense fortune. Son amie Lady Conway (Thelma Barlow, formidable) lui conseille de se trouver une occupation, la broderie par exemple.

Seulement, Madame Henderson n’a pas la patience nécessaire pour les travaux d’aiguille. Ce sera donc un théâtre en ruine, le Windmill, qui sera son hobby.
Elle le rachète, le rénove, et engage un directeur juif d’origine hollandaise, Vivian Van Damm, pour en faire un équivalent londonien du Moulin-Rouge. Dès le départ, les relations entre ces deux fortes personnalités sont orageuses.

Après un succès dû à l’idée de Van Damm de donner plusieurs représentations par jour, le Windmill se met à perdre de l’argent, les autres théâtres l’ayant imité. Mrs Henderson a alors l’idée d’introduire du nu dans le spectacle. Elle réussit à convaincre Lord Cromer, et le show obtient un triomphe.

Le Windmill reste le seul théâtre ouvert sous les bombes, Mrs Henderson et Van Damm se retrouvant pour offrir ce spectacle comme consolation aux souffrances des Tommies et des Londoniens victimes du Blitz.

Basé sur des faits réels, ce film est un nouveau petit bijou du cinéma anglais. Portés par deux comédiens dont la jubilation est perceptible, les dialogues portent la marque de l’humour britannique, fait de non-sens et d’anticonformisme. Quand Mrs Henderson négocie avec son vieil ami, Lord Cromer, l’autorisation de présenter un spectacle de nu, le dialogue entre les deux, faits de métaphores et de circonvolutions est un régal.

Et la réalisation est à la hauteur de ces dialogues. Stephen Frears imprime un tempo proche de celui de la comédie musicale, utilisant l’ellipse pour accélérer l’action. Lors des premières répétitions, les girls n’acceptent de se dénuder qu’à condition que les hommes présents le fassent aussi, y compris Van Damm. Et bien entendu, Mrs Henderson fait irruption à ce moment précis ; son seul commentaire est : «Vous voyez bien, Van Damm, que vous êtes juif !», alors que la caméra filme le mouvement de tête du basset dans les bras de Mrs Henderson, dans la direction de l’objet de cette remarque…

Stephen Frears a construit le film autour de l’opposition entre ses deux personnages principaux ; du coup, il a attaché moins d’importance aux personnages secondaires, notamment celui de la jeune danseuse jouée par Kelly Reilly (la Wendy des «Poupées russes») qui est assez convenu.

Film à la fois léger et profond, «Madame Henderson présente» montre une nouvelle fois la vitalité du cinéma britannique et à l’instar de Stephen Frears, sa capacité à jouer de tous les registres.

Cluny

par Cluny publié dans : critiques de janvier 2006
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 13 janvier 2006

Film français d’Isabelle Mergault
Interprètes :
Michel Blanc (Aymé Pigrenet), Medeea Marinescu (Helena)
Durée : 1 h 37

Tr-s-Beau.jpg
Note : 7/10
En deux mots : Comédie romantique «à la française», ce film raconte la découverte de l’amour par un paysan caricatural, sous la forme d’une jeune roumaine. Prévisible, mais divertissant.

La Réalisatrice : Né en 1958, Isabelle Mergault a d’abord été actrice dans les années 80. Puis elle a écrit des scénarios pour le cinéma («Meilleur Espoir féminin», de Gérard Jugnot) ou la télévision («Classe mannequin»). Chroniqueuse dans l’émission de Laurent Ruquier, elle a joué au théâtre dans des pièces écrites par ce dernier. «Je vous trouve très beau» est son premier film.

La critique : Aymé Pigrenet est un de ces agriculteurs dont raffole le cinéma français, de Louis de Funés dans «La soupe aux choux» jusqu’à Jacques Villeret dans «Un crime au Paradis» : bourru, fruste, près de ses sous…

Alors, quand sa femme meurt électrocutée par la trayeuse d’occasion, ce n’est pas le chagrin ni la peur de la solitude qui le préoccupent : c’est la perte de deux bras pour son exploitation. Après un délai décent –dix jours !-, il s’adresse à une agence matrimoniale qui l’envoie en Roumanie pour trouver la perle rare.

Toutes les candidates au mariage à l’ouest récitent leur leçon : «Je vous trouve très beau». Toutes, sauf une, plus futée : Helena, qui a compris ce qu’Aymé est venu chercher. Il la ramène en France, en la faisant passer pour une lointaine parente en stage.

Parti chercher une ouvrière agricole, il revient avec une femme qui attend de lui un minimum de tendresse. Il va s’humaniser progressivement, en même temps qu’Helena va se lasser et ressentir le mal du pays.

Ce film est plutôt une bonne surprise.
Certes, l’intrigue empeste le déjà-vu et le scénario aligne les clichés sur la solitude de la vie rurale.
Certes, Isabelle Mergault n’est pas une réalisatrice, et la mise en scène est minimaliste.
Certes, les bons sentiments ont un peu tendance à dégouliner, et la métamorphose de Pigneret paraît bien peu crédible.

Mais l’ensemble est porté par un dynamisme et une légèreté sympathiques ; certaines situations sont poussées jusqu’à l’absurde, et les dialogues sont souvent savoureux, comme quand Michel Blanc disserte sur l’étymologie des petits rats et des tutus.

Medeea Marinescu, star du cinéma roumain, apporte au rôle d’Helena beaucoup de fraîcheur et d’enthousiasme. Par contre Michel Blanc, s’il reste égal à lui-même dans les scènes de pure comédie, ne retrouve pas la profondeur qu’il avait su trouver par exemple dans «Monsieur Hire».

Cluny
par Cluny publié dans : critiques de janvier 2006
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Mercredi 11 janvier 2006
Film américain de Sam Mendes
Interprètes :
Jake Gyllenhaal (Swoff), Peter Sarsgaard (Troy), Jamie Foxx (sergent-chef Sykes).
Durée : 2 h 02



Note : 7,5/10
En deux mots : La vie d’une compagnie de Marines durant la guerre du Golfe, depuis l’instruction jusqu’au retour au pays. «Le désert des Tartares» à l’heure des frappes chirurgicales, par un des réalisateurs les plus brillants de son temps.

Le Réalisateur : Né en 1965 en Angleterre, diplômé de Cambridge, Sam Mendes a commencé au théâtre. Engagé par la Royal Shakespeare Company en 1992, il monte aussi plusieurs pièces à Broadway. Spielberg lui confie la réalisation de «American Beauty» en 1999. Il tourne «Les Sentiers de la Perdition» en 2002, avec Tom Hanks et Paul Newman.

La critique : Jarhead, que l’on peut traduire par «tête de fiole», c’est le surnom que se donne entre eux les Marines. En 1990, Anthony Swofford, fils d’un vétéran du Vietnam, s’engage dans l’U.S. Marines Corp.

Il est confronté aux brimades des fameux sergents instructeurs, déjà vus dans «Le maître de guerre» ou dans «Full Metal Jacket», et au bizutage de ses camarades. D’un niveau intellectuel un peu supérieur (il lit «L’Etranger», de Camus !) à celui de ses camarades –ce n’est pas dur…-, il est retenu pour devenir tireur d’élite.

Convoyés en Arabie Saoudite à bord des 747 de la TWA comme de vulgaires V.R.P., les marines vont planter leurs tentes au milieu de nulle part, en plein désert. Là, l’entraînement continue, les tenues NBC en plus.

Avec l’éloignement et l’attente, l’ennui s’installe, ainsi que le doute ; le doute sur la fidélité des conjointes, le doute sur le sens de leur présence, le doute sur l’image renvoyée au pays.
Et quand la guerre commence enfin, le seul feu qu’ils ont à essuyer, c’est celui de leur propre aviation. Sinon, tel Fabrice à la bataille de Waterloo, ils vont errer entre les images de la mémoire de cette guerre : les carcasses calcinées des voitures de civils –et de leurs passagers carbonisés-, les puits de pétroles en feu noircissant le ciel en plein jour, la garde républicaine irakienne noyée sous un tapis de bombes…

L’histoire d’un pays aussi jeune se confond avec l’histoire de son cinéma. Plus que le Vietnam lui-même, c’est son traitement par Hollywood qui sert de référence constante : une salle entière de Marines hurle comme au Superbowl en voyant les hélicos attaquer le village dans «Apocalypse Now», la vision de «Voyage au bout de l’Enfer» s’avère pleine de surprises…
Et quand des hélicoptères passent au-dessus d’eux avec la musique des Doors, un soldat se plaint : «Encore la musique du Vietnam ! Ils pourraient trouver quelque chose pour nous !»

«Jarhead» est le film miroir de «Full Metal Jacket». Il est découpé comme lui en trois parties : l’instruction, l’attente et le combat. Mais là où ces trois parties étaient équilibrées chez Kubrick, elles sont d’inégale longueur chez Mendes, l’attente occupant l’essentiel du film.

Ce film est à l’image de cette guerre décousue, et se présente plus comme une suite de tableaux que sous la forme d’une narration fluide.

On retrouve le sens de la dérision de Mendes dans de nombreuses scènes : Swoff sonnant le clairon avec sa bouche, le réveillon de Noël interrompu par un feu d’artifice involontaire, les marines en petite tenue et bonnet rouge et blanc (mesdemoiselles, les fesses de Jake Gyllenhaal !) se précipitant avec leurs M-16 pour en découdre….

Mais les ruptures de tons sont fréquentes, et la poésie et la gravité ne sont jamais loin : un cheval couvert de pétrole surgit de l’obscurité, les marines laissant des traces de pas blondes dans le sable noirci, jusqu’à l’irruption d’un vétéran du Vietnam qui monte dans le bus lors de la parade du retour de ces héros qui n’ont pas tiré un coup de feu, et qui leur renvoie l’image ravagé de ce qu’ils deviendront peut-être…

Malgré quelques longueurs (filmer l’ennui sans être ennuyant n’est pas simple !), «Jarhead» est un film intelligent qui porte indéniablement la patte d’un grand réalisateur, et dont certaines scènes s’inscrivent dans la continuité des Coppola, Cimino et Kubrick.

Cluny

par Cluny publié dans : critiques de janvier 2006
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus