Pages vues


FreeCompteur Live

Recherche

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Syndication

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
Jeudi 23 février 2006
Film français de Claude Chabrol
Interprètes :
Isabelle Huppert (Jeanne Charmant-Killman), François Berléand (Humeau), Patrick Bruel (Sibaud), Robin Renucci (Philippe).
Durée : 1 h 50

















Note :
8,5/10
En deux mots : Très clairement inspiré de l'affaire Elf, ce film permet à Chabrol d'utiliser de son sens du rythme de la narration pour dénoncer les abus des trois pouvoirs : politique, économique et judiciaire.

Le Réalisateur : Né en 1930, Claude Chabrol participe aux Cahiers du Cinéma de 1952 à 1957. En 1958, il réalise son premier film, "Le Beau Serge". Depuis, au rythme de un à deux par an, il a tourné 55 films, ce qui en fait un des réalisateurs ayant une des plus grande filmographie du cinéma mondial. Subjectivement, je citerai "Landru" (1962), "Que la Bête meure" (1969), "Le Boucher" (1969), "Les Noces rouges" (1973), "Violette Nozière" (1979), "Les Fantômes du Chapelier" (1982", "La Cérémonie" (1994) et "Merci pour le Chocolat" (2002)

La critique : Dès le générique, un panneau nous annonce que toute ressemblance avec des faits réels serait purement fortuite. Ben voyons.
Chabrol a pris un malin plaisir à choisir comme acteurs de quasi-sosies des protagonistes de l'affaire, et le spectateur peut reconnaître Loïc Le Floch-Prigent, Eva Joly, Charles Pasqua, Roland Dumas ou Christine Deviers-Joncourt. Chabrol ne s'en cache d'ailleurs pas, et il a déclaré dans une interview que c'était une sorte de rappel à l'ordre destinée aux différents pouvoirs.

Et jusqu'à l'entreprise qui s'appelle FMG : là où Kubrick transformait IBM en HAL dans "2001, l'Odysée de l'Espace"en enlevant une lettre, vous n'aurez qu'à en retrancher une pour découvrir de quelle société travaillant en Afrique il s'agit...

Claude Chabrol a dû se dire que le public connaissait les arcanes de l'affaire, puisqu'il ne s'attarde pas dessus, pratiquant l'ellipse et le saut dans le temps.
Non, ce qui l'intéresse, ce sont ses personnages et le jeu du chat et de la souris qui les oppose.
 
On rentre dans l'histoire avec le P.D.G. Humeau jonglant avec ses téléphones avant de quitter le siège de son empire. Seulement, des policiers l'attendent dehors, et le voilà brutalement jeté en prison, passant du statut de dirigeant tout-puissant à celui de détenu en provisoire. Et le traitement qui lui est réservé prend une résonnance particulière après les auditions parlementaires d'Outreau.

A partir du moment où il rencontre celle qui l'a attrapé dans ses griffes, la juge d'instruction Jeanne Charmant-Killman, c'est à elle que Chabrol s'intéresse. Exceptées quelques scènes nous montrant les manoeuvres du monde politique, la juge est en permanence à l'écran. Que ce soit dans le bureau exigu qu'elle partage avec son greffier, ou dans son appartement où sa vie de couple prend l'eau.

On aura beau saboter sa voiture, lui adjoindre une jeune juge, multiplier les menaces, rien ne la détournera de son but. Mais quel est son but ? Frapper haut pour faire un exemple, comme elle le dit à un moment ? Illustrer son propos, selon lequel "la personne la plus puissante en France, c'est le juge d'instruction" ? Ou assouvir un besoin de pouvoir, voire de revanche sociale, comme le laisse penser le jeu anguleux d'Isabelle Huppert ?

Car au début du film, personne n'est sympathique. Qu'il s'agisse de Humeau, méprisant et hautain ; qu'il s'agisse de Jeanne, qui utilise les faiblesses honteuses du système judiciaire pour pousser ses "clients" à bout ;  Qu'il s'agisse des politiciens, cyniques et manoeuvriers.

Jeanne ne prend une dimension humaine qu'à partir du moment où sa toute-puissance se lézarde, dans sa vie privée où quand elle quitte le domicile familial à quatre heures du matin, elle demande à ses gardes du corps estomaqués de la conduire au bureau, ou dans sa mission qui verra le système l'écarter sous prétexte de promotion.

C'est du Chabrol. Incontestablement.
Même si (surtout au début), les dialogues trop écrits évoquent plus Mocky, même si la réalisation fleure parfois les années soixante-dix (quelques zooms venus d'un autre âge, découpage de l'écran quand deux personnages se téléphonent), le savoir-faire de Chabrol se manifeste dans l'essentiel : une narration tendue, débarassée de l'inutile ; un sens du cadrage qui isole les hésitations et les tics de ses personnages ; une ambiance qui s'impose grâce à une précision des détails.

Le film repose sur Isabelle Huppert, qui signe là sa sixième collaboration avec Chabrol, la première datant déjà de 28 ans. Physiquement frêle et vulnérable, elle porte le film comme Jeanne porte l'instruction contre vents et marées. Mais elle va plus loin qu'incarner un personnage, elle lui donne une dimension proche du fantastique, par l'intensité habitée d'un regard, par la cruauté d'un visage non maquillé dans la nuit , par l'ambiguité de ses relations avec le neveu de son mari.

Chabrol dit de son film qu'il est politique au même titre que "Les Bronzés 3", car "tout film est un film politique car il correspond à une conception du monde". Modeste, le survivant de la nouvelle vague, car "L'ivresse du pouvoir", entre crise des banlieues et séisme d'Outreaux, peut être vu comme une chronique acerbe et réaliste des conflits de pouvoir dans la France de ce début de XXI° siècle.

Cluny
par Cluny publié dans : critiques de février 2006
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Samedi 18 février 2006

Film français de Danièle Thompson
Interprètes :
Cécile de France (Jessica), Valérie Lemercier (Catherine Versen), Albert Dupontel (Jean-François Lefort), Claude Brasseur (Jacques Grumberg), Christopher Thompson (Frédéric Grumberg), Dani (Claudie), Sydney Pollack (Sobinsky), Laura Morante (Valentine)
Durée : 1 h 46

Fauteuil.jpg

Note : 7,5/10
En deux mots : Comédie « à la française » enlevée, avec une unité de lieu et de temps judicieusement choisie, ce film n’échappe pas parfois à un excès de bons sentiments ; mais ça ne fait pas de mal !

La Réalisatrice : Née en 1942, Danièle Thompson est la fille de Gérard Oury et de de l'actrice Jacqueline Roman. Longtemps scénariste de son père pour ses plus grands succès, de «La Grande Vadrouille» à «Vanille Fraise», elle a aussi écrit pour d’autres, notamment Chéreau («La Reine Margot») ou Pinoteau («La Boum 1  et 2»). En 1999 elle passe à la réalisation avec «La Bûche», puis «Décalage horaire» en 2002.

La critique : Jessica est une «brave» fille de Mâcon, petite-fille aimante de sa mamie un peu gâteuse (Suzanne Flon dans son dernier rôle) qui rabâche dans sa  maison de retraite les souvenirs de sa vie de petite main du monde du luxe parisien.

Au culot, Jessica se fait embaucher dans le VIII° arrondissement comme extra au Bar des Théâtres, en face d’une salle de concert où Jean-François Lefort doit donner un concert, d’un théâtre où Catherine Versen prépare la première de «Ne t’promène donc pas toute nue» et d’une salle des ventes ou Jacques Grumberg s’apprête à vendre la collection d’art de toute sa vie, et tout ça le même soir à la même heure.

Candide au milieu de ce que Frédéric Grumberg dit ne pas être un quartier, Jessica va servir de révélateur et de lien entre tous ces personnages en crise. Lefort  n’en peut plus de donner des récitals devant un public privilégié, rêve de jouer dans les hôpitaux et les prisons, et met en danger son couple avec Valentine qui lui sert d’agent.

Lemercier triomphe à la télévision dans un soap, s’embrouille avec le metteur en scène de la pièce qui n’est autre que son ex ayant en plus choisi leur fille comme assistante, et rêve de tourner avec Sobinski  le rôle de Simone de Beauvoir.

Grumnerg quant à lui, refait sa vie avec un mannequin de quarante ans sa cadette, se dispute avec son fils universitaire mais cache aux deux son cancer.

A cela s’ajoute d’autres personnages : le tenancier du café, perpétuellement sur les nerfs, et la concierge de la salle de concert, ancienne de l’Olympia qui s’apprête à partir à la retraite.

La mode est aux films chorals. Depuis «Short Cut», le cinéma, et particulièrement le cinéma français, aime à filmer ces histoires qui s’entrechoquent au rythme de ces personnages qui s’entrecroisent. Dans le genre, «Fauteuils d’orchestre» est plutôt réussi, grâce au choix de cette unité de lieu entre ces trois salles publiques et le café qui leur sert de base arrière.

Les personnages sont assez convenus et prévisibles (le virtuose forcément en plein doute, la comédienne de boulevard qui aspire au cinéma scorsesien, le veuf inconsolable qui se console comme il peut) ; mais la place accordée à Jessica, Bécassine futée qui aide ces personnages à tomber les masques est une idée qui fonctionne bien, et chacun des acteurs donne de la consistance à son personnage (avec peut-être une mention spéciale à Dupontel et à Dani).

La réalisation est portée par la structure de l’histoire, avec un montage parallèle entre les trois actions simultanées. Certes, il n’y a pas de plans à faire pâmer un étudiant de la FEMIS, mais de bons vieux plans avec une bonne caméra posée sur pied ou sur dolly et non portée à l’épaule par un cadreur parkinsonien, ça fait du bien de temps en temps.

Quant aux happy ends multiples, d’autant plus artificiels qu’ils s’enchaînent miraculeusement, ils font partie de la loi du genre, et doivent être indispensables au large public visé par ce film. Mais ne boudons pas notre plaisir : on n’est pas non plus condamné à aborder le sida et la torture tous les samedis soir !

Cluny

par Cluny publié dans : critiques de février 2006
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Lundi 13 février 2006

Film français de Gela Babluani
Interprètes :
Georges Babluani ("13"), Aurélien Recoing ("6"), Pascal Bongard (le maître de cérémonie), Fred Ulysse (Alain), Vania Villers (Schloendorf).
Durée : 1 h 33

http://www.cinematical.com/media/2006/01/13tzameti.jpg

Note : 8/10
En deux mots : Un jeune ouvrier étranger se trouve pris dans un impitoyable jeu de roulette russe, objet de paris maffieux. Un thriller melvillien, dur et envoûtant, très réussi pour un premier film.

Le Réalisateur : Né en 1976, Gela Babluani est le fils du metteur en scène Temur Babluani (auteur de quatre films dont «La Migration des Moineaux», sélectionné à la Semaine de la Critique à Cannes en 1988 et le dernier, «Le soleil des veilleurs», Ours d'Argent à Berlin en 1993).
Gela a 17 ans quand il arrive à Paris. «13 (Tzameti)» est son premier long métrage. Il vient juste de terminer en Géorgie, le tournage de son deuxième film, «L'Ame perdue du sommet» avec Sylvie Testud, Stanislas Merhar.

La critique : Quelque part en Normandie, un jeune ouvrier étranger (géorgien, sans doute) répare la toiture d’une villa. Le propriétaire, camé jusqu’aux yeux, attend une lettre et fait l’objet d’une surveillance policière.

Quand il meurt d’une overdose, l’ouvrier doit arrêter son chantier sans être payé. Il récupère alors la lettre tant attendue, espérant ainsi récupérer une grosse somme. Il suit les instructions laissées dans la consigne d’une gare : descendre une station avant la destination du billet, échanger de voiture en rase campagne, tout est fait pour semer avec succès les policiers.

Arrivé dans une villa perdue au fin fond de la forêt, il découvre qu’il va devoir participer à une épreuve de roulette russe, organisée avec un rituel lancinant par d’implacables brutes. Enjeu de paris codifiés avec une macabre précision, chaque tour élimine quelques concurrents, et ajoute une balle dans le barillet.
Affublé du n°13, notre héros va passer les tours, perdant progressivement son innocence…

Quel film étrange et envoûtant !
Filmé dans un noir et blanc rugueux, «13 (Tzameti)» évoque certains films de Melville par son rythme syncopé et la sécheresse des dialogues. L’utilisation du grand angulaire, y compris dans les panoramiques, des raccords de plans peu académiques, une diction des acteurs assez désincarnée évoquant celle d’un Jean-Pierre Leaud renforcent ce sentiment d’étrangeté formelle.

L’intrigue, sur un thème de la même veine que celles de «On achève bien les chevaux» et de «Battle Royal», est épurée, avec une logique implacable qui mène au tragique. Le réalisateur a réuni un casting de gueules incroyables, plus proches de la mafia tchétchène que du milieu marseillais.

La violence de cette épreuve barbare est encore démultipliée par l’application de règles impitoyables, garanties par une armée de sbires dirigée par un juge halluciné. La drogue est partout : «candidats» mais aussi parieurs sont sous morphine, pour parvenir à supporter l’insupportable. Les rares attitudes humaines ne sont pas acceptés comme telles, dans un univers où l’argent prime sur la vie.

Métaphore d’un monde dicté par des lois barbares ou simple fable, ce premier film malgré quelques imperfections est une incontestable réussite, appelé à devenir un film référence, sinon un film culte.

Cluny

par Cluny publié dans : critiques de février 2006
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 6 février 2006

Film français de Kim Shapiron
Interprètes :
Vincent Cassel, Roxane Mesquida, Nico Le Phat Tan, Ladj Ly, Leïla Bekhti, Olivier Bartélémy.
Durée : 1 h 30

sheitan.jpg

Note : 5/10
En deux mots : Premier film trash soutenu par Vincent Cassel, «Sheitan» souffre de trop de facilités et de clichés racoleurs. Et en plus, même pas peur !

Le Réalisateur :
Né en 1980, fils du graphiste Kiki Picasso, Kim Chapiron fonde en 1995 «Kourtrajmé Production», un collectif d'artistes (réalisateurs, acteurs, musiciens, danseurs et graphistes) avec Paradoxe Perdu, le premier court-métrage qu'il co-réalise avec Romain Gavras. Puis, il réalise de nombreux clips, des publicités pour des maisons de disques et des habillages de cédéroms muséographiques.
«Sheitan» est son premier long-métrage.

La critique : Au sortir d’une boite de nuit, cinq personnages (la bourgeoise, le black, la beurette, le noiche et le neuneu) décident de partir à la campagne pour passer le réveillon de noël dans la maison de la bourgeoise.

Arrivés là-bas, ils découvrent un gardien aux allures de péquenot psychopathe, et des villageois qu’on croirait échappés de «Délivrance». Encombrée d’un atelier de poupées à mi-chemin entre Chucky et Frankenstein, la maison cache aussi la monstrueuse femme enceinte du gardien.

Sheitan, en arabe-langage branché de técis, c’est Satan. Car c’est le diable qui tire les ficelles de tous ces événements  étranges qui s’accélèrent au fur et à mesure que s’approchent les douze coups de minuit.

Vincent Cassel a accompagné et défendu ardemment de jeunes réalisateurs français ; certains brillants (Matthieu Kassovitz), d’autres intéressants (Gaspard Noë), d’autres enfin totalement surfaits (Jan Kounen). Il présente Kim Chapiron comme le représentant d’une nouvelle génération. Soit.

Mais s’il bénéficie d’un rythme assez trépidant, «Sheïtan» ne fait que recycler les différents éléments de la «culture» djeune : montage digne d’un clip, cadrage bancal et mouvements de caméra parkinsonien ; vocabulaire de quinze mots («Un truc de ouf» étant le niveau le plus élevé de la métaphore), et préoccupations limitées au cul et au bien-être de son pitt-bull…

Le réalisateur ne joue pas à fond la carte de l’épouvante ; il cherche à ratisser plus large, et fait des incursions dans le porno soft et dans la comédie, dans un registre auquel nous a habitué Besson scénariste («Taxi», «Banlieue 13») ; c’est dire la finesse…

Vincent Cassel en fait des tonnes, mais il y prend visiblement plaisir, cherchant du côté de la folie d’un Nicholson. Malheureusement, les autres acteurs ne sont absolument pas dirigés, et encore moins portés par l’insignifiance des dialogues.

Mal foutu, complaisant, souvent prévisible, «Sheïtan» ne trouve furtivement une identité que quand il bascule beaucoup trop tardivement dans l’épouvante, avec un dérapage vaguement lynchien. Tout cela est bien insuffisant pour déceler un futur Peter Jackson.

Cluny

par Cluny publié dans : critiques de février 2006
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 1 février 2006

Film français de Patrice Leconte
Interprètes :
Josiane Balasko (Nathalie), Michel Blanc (Jean-Claude, dit Jessie), M.-A. Chazel (Gigi), Christian Clavier (Jérôme), Gérard Jugnot (Bernard), Thierry Lhermitte (Robert, dit Popeye).
Durée : 1 h 35

http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/36/00/27/18468489.jpg

Note : 6/10
En deux mots : 27 ans après, les mêmes en pire, dit la publicité. En effet ce sont les mêmes, et ils ne sont pires que parce qu’un vieux con est peut-être plus impardonnable qu’un jeune con.
On rie, mais on aurait pu attendre un peu plus de férocité.

Le Réalisateur : Né en 1947, Patrice Leconte a un parcours classique : IDHEC, «Cahiers du cinéma» puis courts-métrages. Il réalise son premier long-métrage en 1975 «Les vécés étaient fermés de l’intérieur». En 1977 il adapte à l’écran le spectacle du Splendid, «Amour, coquillages et crustacés», qui devient «Les Bronzés», suivi en 1979 par «Les Bronzés font du ski». Il tourne ensuite une série de comédies («Viens chez moi, j’habite chez une copine», en 1980, «Ma femme s’appelle reviens» en 1981), avant de changer de registre avec des films plus ambitieux : «Tandem» en 1987, «Monsieur Hire» en 1989 et «Le Mari de la Coiffeuse» en 1990.
Il alterne succès et échecs commerciaux au rythme d’un film par an ; retenons «Ridicule» (1995), «La Fille sur le pont» (1998) ou «L’Homme du train» (2002)

La critique : Popeye est marié à la propriétaire d’un hôtel-club en Sardaigne (Ornella Mutti). Parce que vingt ans avant, ils ont chacun investi 500 Francs, les bronzés s’y invitent chaque été.

Jérôme, suite à une opération de chirurgie esthétique ratée dont a été victime Sylviane (Dominique Lavanant),  a été radié du Conseil de l’Ordre et va de procès perdus en appels rejetés. Bernard et Nathalie sont toujours aussi odieux, fiers de leurs trois boutiques de lunetterie «Plein la vue» dans le Pas-de-Calais, jusqu’à ce que leur fils les rejoigne à l’hôtel pour faire son coming-out.

Gigi, séparée depuis dix ans de Jérôme, s’est fait remodeler une poitrine XXL aux Etats-Unis où elle a retrouvé Jean-Claude Dus qui a fait fortune dans la «swatch capillaire», un concept de perruques assorties à vos tenues…

L’intrigue a peu d’importance : mis au pied du mur par sa femme, Popeye doit annoncer à ses amis qu’il leur faut maintenant payer leur séjour. Jérôme n’a pas désespéré de récupérer Gigi, et doit faire face à Sylviane qui prétend venir se réconcilier avec lui. Quant à Bernard, son homophobie révélée lors de l’annonce du pacs de son fils lui déclenche «un syndrome de Noirmoutiers», qui se traduit par des troubles de la locution et de la locomotion, donnant à Gérard Jugnot  l’occasion d’un numéro hilarant.

Les revoilà donc, vingt-sept ans après… Ils portent les marques physiques de ce vieillissement, que ce soit dans l’avachissement (Bernard et Nathalie), ou dans la lutte pathétique, par la chirurgie (Gigi) ou la musculation (Jessie).
Ils sont toujours aussi ridicules, peut-être même un peu plus, car s’ils continuent à faire tache, cette fois leur environnement ne se gêne pas de leur faire savoir. Ils ne sont préoccupés que de cul et d’argent, celui qu’ils ont eu et ont perdu, celui qui leur manque, celui qu’ils espèrent économiser…

On rie, et souvent on rie franchement, même si ce n’est pas toujours dans la finesse, et même si parfois on ne rie pas là où c’était attendu.

«Les Bronzé 3» sont fidèles aux deux premiers opus, trop sans doute. Outre un besoin de citation parfois lourdingue, le recours au même type d’humour nous laisse un peu sur notre faim, car on aurait aimé retrouver de la finesse qu’ils ont été capables de développer depuis dans leurs œuvres « solistes », particulièrement Michel Blanc et Gérard Jugnot.

On est plus près de l’humour des «Visiteurs» que de celui de «Grosse fatigue» ou d’ «Une époque formidable», à l’exception du gag final, particulièrement bien vu. Le rythme est inégal, et ça a notamment du mal à démarrer. Mais par rapport aux craintes exprimées dans l’attente de leur sortie, ces «Bronzés 3» sont promis au succès populaire, et ce sera somme toute plutôt mérité.

Cluny

par Cluny publié dans : critiques de février 2006
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus